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Accoucher au Québec : une enquête sur les expériences des femmes et les violences obstétricales

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Laurianne Fortin-Menard : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Chaque année, quelque 80 000 femmes donnent naissance à un enfant dans la province. Bien qu’il existe des données sur les actes médicaux pratiqués et leurs effets sur la santé physique des mères et des enfants, peu d’études ont exploré le vécu de l’accouchement du point de vue des femmes, qui sont pourtant les premières concernées. Dans le cadre de cette étude, nous avons exploré l’expérience de l’accouchement du point de vue situé des femmes concernées, en mettant l’accent sur leur relation avec les prestataires de soins de santé, leur vécu émotionnel et la prise en compte de leurs besoins, désirs et droits. Nous avons également examiné les expériences négatives que les femmes peuvent vivre pendant l’accouchement, telles que les violences obstétricales. Des comparaisons ont été faites selon les prestataires de soins impliqués (médecin de famille, obstétricien∙ne-gynécologue, sage-femme) et les lieux d’accouchement (hôpital, maison de naissance, domicile). Cette étude a utilisé une approche quantitative et a recueilli 5 197 expériences d’accouchement survenues au Québec entre 2017 et 2022 par le biais d’un sondage en ligne.

Résumé du colloque

Les violences obstétricales, gynécologiques et reproductives (VOGR) sont loin d’être marginales. Qu’elles se produisent dans un service de santé ou dans une relation intime, elles constituent une entrave à l’intégrité corporelle ainsi qu’à l’autonomie reproductive et décisionnelle de celles qui les subissent. On pense ici à des gestes médicaux imposés lors d’examens gynécologiques ou pendant un accouchement ou encore à la pression exercée sur des femmes pour qu’elles deviennent enceintes. Les VOGR renvoient à des comportements ou des paroles qui ne tiennent pas compte du consentement de la personne qui en est victime, et ce, à l’intérieur de rapports de force, de domination et de coercition. Or, les VOGR restent encore peu documentées (Grace et Anderson, 2018; Sutton et Knight, 2020). Les connaissances récentes émergent de la rencontre des savoirs universitaires, pratiques, expérientiels et militants afin de mieux comprendre les contextes, formes et conséquences inhérentes aux VOGR (Rozée et Schantz, 2021).

Dans le cadre du colloque, une exploration de l’historiographie des VOGR permettra de situer les savoirs existants et de visibiliser les différents mouvements féministes qui ont contribué à la reconnaissance des VOGR. Par la suite, des réflexions s’inscrivant dans une approche féministe et intersectionnelle des VOGR permettront d’amplifier les voix des personnes ciblées par des systèmes d’oppression contribuant à l’expression disproportionnée et spécifique de ces violences. On peut évoquer ici l’imbrication du colonialisme et du sexisme en lien avec la stérilisation imposée aux femmes autochtones (Basile et Bouchard, 2022) ou encore celle du racisme et du sexisme quant au manque de soutien et de considération que peuvent vivre les femmes noires et racisées à l’intérieur des services de santé reproductive (Vedam et al., 2019). À cela s’ajoutent notamment des discriminations basées sur la classe sociale ou le capacitisme qui exposent aussi les femmes pauvres ou en situation de handicap à ce genre de violences (Morin-Aubut, 2020). Enfin, on s’intéressera aux pratiques prometteuses et aux actions à mobiliser pour lutter efficacement contre les VOGR. Entre prévention, formation et soutien, plusieurs pistes seront partagées et discutées.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 8 mai 2023

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