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Nadia Arab : Université Paris-Et Créteil Val-de-Marne
La prévention de la perte d’autonomie des aîné-es par l’adaptation du logement est une condition du maintien à domicile, devenu en France une priorité. Mais le problème s’aggrave et questionne l’efficacité des politiques publiques. L’explication usuelle questionne la coordination des acteurs publics.
Ces derniers tentent de réagir, tel le gouvernement métropolitain de Lyon qui s’est lancé dans une expérimentation avec des aîné-es et des professionnel-les du monde médico-social. L’analyse de cette expérimentation s’appuie sur des entretiens réalisés auprès d’acteurs ayant conçu ou participé à l’expérimentation ; sur l’exploitation des documents de méthodologie et de capitalisation produits par les acteurs publics ; sur l’examen des outils co-conçus. Il s’agissait de cerner la genèse de l’expérimentation, le collectif d’acteurs constitué et ses activités, le rôle de chacun, le processus d’expérimentation, ses produits et ses effets.
Le premier point d’attention concerne la coopération publique intersectorielle inédite entre habitat, santé et vieillissement. On verra ensuite que cette expérimentation ne vise pas directement l’adaptation du logement mais les représentations et les pratiques de la prévention de la perte d’autonomie. On soulignera enfin qu’elle provoque une bifurcation dans la politique de l’autorité métropolitaine ciblant les professionnel-les du monde médico-social, eux-mêmes leviers possibles d’une ouverture à la diversité des vieillissements.
La transition démographique est bien réelle et transforme durablement la société et les ménages qui la constituent. Pour aménager et donner une juste place aux aînés, la politique québécoise Vieillir et vivre ensemble chez soi, dans sa communauté au Québec, rendue publique en 2012, cherchait à faire du vieillissement un projet positif de société. Elle a été traduite dans un premier plan d’action 2012-2017, qui a ensuite été revu avec Un Québec pour tous les âges, Le plan d’action 2018-2023. Les cinq grandes priorités placent maintenant la question des milieux de vie des aînés au centre des actions : des territoires de la vie quotidienne, une unité de planification municipale, un espace de reconnaissance, un éventail de ressources et une échelle d’intervention en santé. Or, les milieux de vie sont diversifiés, pluriels et surtout en constante évolution.
Le colloque s’organise autour de deux groupes de questions afin de faire le point sur la recherche et les innovations. 1) La diversité socioterritoriale des vieillissements : Que connaît-on de l’évolution des milieux de vie des aînés selon leurs morphologies et leurs accessibilités ? Quels sont les modes de vie des aînés selon différents milieux de vie, communautés et espaces réservés ? Quelles sont les dynamiques en villes moyennes, en régions et en milieux métropolitains ? 2) L’apport de la recherche et de l’innovation sur la gestion de la diversité : Comment évalue-t-on les réponses apportées à des vieillissements pluriels au sein d’un même milieu de vie ? Apporte-t-on des leviers d’adaptation assez diversifiés pour les ménages d’aînés ? Quelles sont les connaissances des milieux municipaux sur la diversité des vieillissements et celle de leurs territoires ? C’est avec ces questions que le colloque avancera la réflexion sur la recherche et l’innovation et sur l’interdisciplinarité nécessaire pour aménager des milieux capables de répondre à la pluralité des vieillissements d’aujourd’hui et de demain.
Titre du colloque :