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Analyse de trois héroïnes en littérature de jeunesse : des modèles positifs de la féminité sous le signe de la diversité

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Anne-Marie Dionne : Université d'Ottawa

Résumé de la communication

Des études montrent que la littérature de jeunesse véhicule des représentations stéréotypées concernant les genres (Dafflon Novelle, 2006 ; Detrez, 2010). En outre, on y retrouve en abondance des personnages féminins conformes à une vision sexiste de la féminité (Dionne, 2009). Pourtant, il existe des livres qui bousculent de tels clichés et dans lesquels des personnages féminins se démarquent de l’image traditionnelle ayant préséance en littérature de jeunesse. Mais alors, qu’est-ce qui caractérise ces protagonistes d’avant-garde ? Nous avons mis sous la loupe trois héroïnes évoluant dans des séries de livres pour la jeunesse. En tout, quinze livres ont été analysés. Un premier constat découlant de cette analyse est que les héroïnes de ces livres défient les configurations sexistes habituelles. Un deuxième constat est que par les traits distinctifs qui les caractérisent, elles projettent des représentations diversifiées de la féminité. Ainsi, chacune contribue à sa façon à multiplier les modèles de référence positifs tout en laissant transparaitre une expression personnalisée de leur féminité. Des extraits provenant des livres analysés seront présentés pour mettre en exergue les nuances entre trois modèles non traditionnels de la féminité. Ceci nous mènera à parler de l’importance de proposer aux enfants des personnages diversifiés concernant les genres, de même que leur influence sur le développement de leur propre identité sexuée.

Résumé du colloque

Dans le cadre du congrès de l’Acfas, la revue Genre Éducation Formation et le GT13 « Éducation et diversité » de l’AISLF, associé au RIED (Réseau international éducation et diversité), organisent un colloque transatlantique, qui propose de traiter la question du genre en éducation.

« On ne naît pas femme, on le devient » : l’importance de la question du genre en éducation est au cœur de la citation féministe la plus célèbre du monde francophone. À partir du moment où il est affirmé qu’aucune nature, qu’aucune biologie, qu’aucun destin préécrit ne permet d’expliquer (et de justifier) le monde social, à l’instant où on admet que « l’intervention d’autrui dans la vie de l’enfant est presque originelle et que dès ses premières années sa vocation lui est impérieusement insufflée » (de Beauvoir, 1949, p. 286), alors la question du genre en éducation et en formation devient centrale pour comprendre l’organisation sexuée de la société.

Comme l’ont souligné les auteures féministes des années 1970-1980, la sociologie française de l’éducation des années 1960-1970 s’est essentiellement préoccupée des inégalités de classes, reportant la « variable sexe » à un niveau secondaire. Après le texte pionnier de Liliane Kandel (1975), qui pointait le fait que le système éducatif français – malgré les principes d’égalité qui l’animent – discrimine les filles et les femmes, des ouvrages fondateurs de ce champ paraissent dans les années 1990. Nicole Mosconi (1989) interroge les effets de la mixité scolaire et crée peu à peu le concept de « rapport sociosexué au savoir » : si tous les individus ont le droit d’acquérir tous les types de savoirs, dans les faits, certains savoirs sont considérés comme tabous ou infamants, naturels ou transgressifs selon sa classe sociale et sa catégorie de sexe. De son côté, Marie Duru-Bellat (1990) rend compte de la façon dont l’école prépare les filles et les garçons à des rôles sociaux distincts. In fine, que l’on parle de didactique ou de pédagogie, qu’on l’aborde de manière transversale ou disciplinaire, qu’il s’agisse d’éducation des enfants ou de formation des adultes, que l’on se situe dans des institutions de formation ou dans des contextes non formels, il s’agit toujours de venir à bout de la hiérarchie inhérente au genre, soit en formant les individus de manière égalitaire, soit en débarrassant l’éducation des inégalités qui la traversent.

Nous vous proposons quatre thématiques :

  1. Genre et didactiques;
  2. Intersectionnalité en éducation;
  3. Conversation critique entre l’école et l’éducation à la citoyenneté numérique autour des principes de justice sociale, d’égalité de genre et d’émancipation;
  4. Mise en œuvre des politiques éducatives en faveur de l’égalité des sexes et des sexualités.

Ce colloque est ouvert aux chercheur·ses de toutes les disciplines des sciences humaines et sociales en lien avec l’éducation. Dans le but d’avoir un dialogue transatlantique, nous nous efforçons d’équilibrer les pays communicants. La jeune recherche est bienvenue.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
Discutant-e- de la session : Ingrid Verscheure
section icon Date : 8 mai 2023

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