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Martine Sénéchal : UQAR - Université du Québec à Rimouski
On compte au Québec près de 200 000 élèves pour lesquels un plan d’intervention (PI) doit être élaboré en vue d’assurer leur réussite éducative (Myara, 2018). Ma pratique professionnelle me permet d’observer, à l’instar d’autres auteurs et autrices (Beaupré et al., 2003; CSE, 2017; Myara, 2018), que plus de 15 ans après l’élaboration de la Politique de l’adaptation scolaire et la diffusion d’un cadre de référence ministériel, certaines difficultés persistent. Elles affectent notamment l’optimisation des pratiques collaboratives inhérentes à cette démarche. Un avis du CSE (2017) décrit que la réalité terrain « laisse entrevoir la persistance d’obstacles à la collaboration qui dessert la congruence des interventions » (p.35). Dans le cadre d’un doctorat professionnel, un premier projet pour comprendre cette réalité a permis d’élaborer un portrait des leviers et des freins d’un savoir, vouloir et pouvoir agir/interagir dans la démarche du PI au sein d’un centre de services scolaire. Un deuxième projet a favorisé l’émergence de savoirs professionnels chez les participant·es, à l’issue d’une réflexion sur leurs pratiques collaboratives, transformant ainsi des dispositifs de collaboration en un lieu de développement professionnel d’un vouloir, savoir et pouvoir agir/interagir efficace. Ces leviers et ces freins sont-ils les mêmes que ceux rencontrés dans les dispositifs de collaboration intersectoriels comme le PSII et la TÉVA, par exemple?
La collaboration intersectorielle est reconnue comme étant significative pour favoriser l’inclusion et la participation sociale (Letscher et al., 2015, 2016, 2019) ainsi que le bien-être à l’école des élèves HDAA (Beaulieu et Caron, 2022). Cette collaboration présente toutefois plusieurs défis et obstacles (Beaupré et al., 2022), spécifiquement au regard de la mise en œuvre d’un plan de transition de l’école à la vie adulte (AQIS, 2016) ou d’un projet de vie axé sur les champs d’intérêt du jeune, en collaboration avec les partenaires des différents réseaux de l’éducation, de la santé et des services sociaux, communautaires et de l’emploi (Gauthier-Boudreault et al., 2021; Letscher et al., 2019). Notamment, plusieurs défis sont soulevés concernant le programme Transition de l’école à la vie active, soit la TEVA (Jolicoeur et al., 2021; Letscher, 2017; Letscher et al., 2019; Vérificateur général du Québec, 2020). Effectivement, Lemay et al. (2021) notent les positions divergentes adoptées par les collaborateur·trice·s des différents milieux impliqués dans le soutien des élèves HDAA. Ces réactions sont souvent dues à une méconnaissance des rôles et des responsabilités de chacun·e (Sénéchal, 2021). D’autres obstacles relèvent du manque de continuum de services. Pourtant, la collaboration intersectorielle s’avère très importante pour faciliter les périodes de transition de l’élève HDAA (MEES, 2015), particulièrement dans des cas complexes, tels que les personnes présentant un polyhandicap (Gauthier-Boudreault et al., 2021; Maes et al., 2020) ou une comorbidité. En raison des défis qu’elle implique, il importe de réfléchir aux conditions nécessaires à mettre en place pour une collaboration intersectorielle optimale. Le présent colloque met les personnes handicapées ou en difficulté d’adaptation et d’apprentissage (HDAA), ainsi que leur famille, au cœur du processus de collaboration intersectorielle. Plusieurs ressources gravitent autour de ces personnes. Il peut s’agir de celles des différents réseaux de l’éducation, de la santé et des services sociaux, communautaires et du travail ou de l’emploi. L’apport de ces différentes ressources est souvent méconnu des uns et des autres, ce qui peut faire en sorte que, trop souvent, les personnes HDAA et leur famille perdent beaucoup de temps à obtenir une réponse à leurs besoins souvent complexes en raison du travail en vase clos de certaines ressources. De plus, plusieurs d’entre elles se voient confrontées à des vides de services. Tous ces enjeux liés à la collaboration intersectorielle sont rarement abordés de façon conjointe. C’est ce que propose de faire le présent colloque. De plus, le fait d’inviter à participer des partenaires de divers organismes, au même moment, dans un même lieu, permettra certainement de faire émerger des pistes de solution afin de bonifier les pratiques de collaboration.
Titre du colloque :