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Eugène Nshimiyimana : McMaster University
Dans l’avertissement à Les sept solitudes de Lorsa Lopez (1985), Sony Labou Tansi définit l’art comme « la force de faire dire à la réalité ce qu’elle n’aurait pas pu dire par ses propres moyens ou, en tout cas, ce qu’elle risquait de passer volontairement sous silence ». Cette force, rebondit chez R. Chambers (1991) qui confère à la littérature le statut d’« enfant terrible » dans ce sens qu’elle bouleverse les mentalités par sa volonté de « changer le monde ». Rien, en effet, ne pourrait mieux définir l’œuvre de Tierno Monénembo dont la tension morale se situe dans cet effort de faire dire à la réalité ce qu’elle ne voudrait pas articuler. Elle y arrive en prenant à contre-pied le réalisme balzacien par un décalage constant du référent, qu’il soit social, politique, ou historique. On peut alors avancer que l’écriture de Monénembo s’opère dans un espace oppositionnel (Chambers, 1984; 1987; 1991) où l’art du déplacement permet la liberté du dire. Ce sera à partir de Les crapauds-brousse (1979), Les écailles du ciel et L’ainé des orphelins que ce travail montrera comment la tactique de l’écart permet à l’auteur de contourner l’indicible du réel.
Ce colloque tente de revisiter l’œuvre de Tierno Monénembo, en la replaçant dans son contexte historique, social et littéraire. Docteur en biochimie, professeur en Algérie, au Maroc et aux États-Unis, et lauréat de nombreux prix littéraires (prix Renaudot, Grand prix littéraire d’Afrique noire, Grand prix de la francophonie, prix Erckmann-Chatrian, Grand prix du roman métis, Grand prix palatine et prix Ahmadou Kourouma), Tierno Monénembo est l’un des écrivains majeurs de la littérature africaine francophone contemporaine, qui font partie des romanciers de la « deuxième génération » (Dabla, 1986), et dont les textes déconstruisent les principes de la négritude, considérant la modernité culturelle africaine sous l’angle de l’ethnomodernité (Semujanga, 2015).
Caractérisée avant tout par la diversité, la transculturalité, la polyphonie des voix narratives, les relations entre divers genres et autres formes artistiques (cinéma, musique, peinture), l’œuvre du romancier guinéen aborde également d’importantes questions sociopolitiques de son temps.
Quarante-trois ans après la parution de son premier roman, quel bilan peut-on faire de la production romanesque de Tierno Monénembo? Quelles pistes nouvelles peut-on emprunter? Ce sont les questions nodales auxquelles ce colloque aimerait répondre pour rendre hommage à ce romancier de renommée internationale, à la veille de son 76e anniversaire.
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