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Amélie Renard : Nantes Université
Face à des enjeux socioéconomiques complexes, la méta-organisation (MO), organisation d’organisations (Ahrne et Brunsson, 2008), semble l’espace idéal pour favoriser des réponses globales. Ainsi, l’Union Régionale Interfédérale des Organismes Privés Sanitaires et Sociaux des Pays de la Loire (URIOPSS) fédère depuis 1948 les structures non lucratives du secteur sanitaire, social et médico-social afin de défendre les droits des personnes vulnérables.
En 2021, cette MO a initié un dispositif expérimental, des temps conviviaux d’échanges en ligne entre ses adhérents, salariés et administrateurs. Dans un contexte perturbé par la crise (sanitaire, sociale), ces URIOPSS’café visent à mieux cerner les convergences d’intérêt et d’action entre associations afin d’alimenter leur lutte pour une société plus juste.
La communication étudiera ce dispositif numérique et ses premiers effets sur la MO et son projet d’action collective. Pour cela, elle prend appui sur une recherche-accompagnement menée à l’URIOPSS depuis 2020 et mobilise la Théorie de l’Entreprise Fondée sur le Projet et la Théorie de la Régulation Sociale avec une approche par le dispositif de gestion (Bréchet, 2019; Bréchet et al., 2014; Chiapello et Gilbert, 2013; Fontan et al., 2013; Reynaud, 1997). L’analyse dynamique de ce dispositif éclaire des tensions (temporelles, politiques) amenant la MO à renouveler ses processus de régulation. Nous identifions alors de nouvelles voies pour renforcer la solidarité en son sein.
La capacité, voire la légitimité, de notre monde à durer est mise à l’épreuve, autant par son insoutenabilité écologique que par l’ampleur de ses injustices sociales. L’importance de ces défis génère des tensions et une polarisation politiques croissantes qui interrogent le rôle des savoirs dans nos choix pour notre avenir commun. Pour construire d’autres horizons politiques pour ce XXIe siècle déjà mal engagé, quels savoirs est-il nécessaire de reconnaître, de construire, de mobiliser, et comment ?
Cette question invite d’abord à considérer les concepts mobilisés pour penser des avenirs souhaitables que l’on parle aujourd’hui de transition, de décroissance, de postdéveloppement, de buen vivir, de sobriété, de communs, de justice sociale, environnementale et épistémique, etc. Quels usages analytiques, mais aussi quelles mises en pratique militantes et organisationnelles ? Quelles oppositions et quelles articulations entre ces différents termes, mais aussi avec des contre-discours de plus en plus sonores (des utopies technocentristes à la multiplication des régimes antidémocratiques) ? Comment cela se concrétise-t-il sur et avec le territoire, notamment avec ses multiples acteurs à la recherche d’un plus grand pouvoir d’agir local ? Quels rôles pour les politiques sociales et quels nouveaux arrangements entre mouvements sociaux et citoyens, économie sociale et solidaire, philanthropie et État ? Dans quelle mesure ces débats résonnent-ils dans les milieux de travail, tant sur le plan des pratiques de gestion que des mobilisations collectives et de l’évolution de la qualité de l’emploi ? Comment cela s’opère-t-il dans la mise en organisation de la justice sociale, environnementale et épistémique ? Sous quelles formes organisationnelles et de quelles manières de s’organiser ?
Notre question exige aussi d’interroger les modes de construction des savoirs. Quel renouvellement des épistémologies face aux crises sociétales ? Quelle refondation des universités et des institutions productrices de savoir pour ouvrir de nouveaux horizons ? Quel rôle pour la société civile, notamment les personnes les plus marginalisées, dans la coconstruction des connaissances et la coproduction des actions collectives et des politiques publiques ? Quels savoirs oubliés, marginalisés ou invisibilisés à reconnaître ? Quel arbitrage entre défense de la science pour orienter décisions politiques et dérives épistocratiques (le règne des experts), aux dépens de la démocratie ?
Notre colloque sera l’occasion de travailler sur l’articulation entre l’émergence de nouveaux savoirs (ou la reconnaissance de savoirs déjà disponibles, mais invisibilisés) et la transformation sociale. Il s’agira d’interroger la contribution des savoirs à des transformations sociales, mais aussi de voir dans quelle mesure l’avènement d’un nouveau monde (sous ses paramètres sociaux, environnementaux, économiques, etc.) produit de nouveaux imaginaires, de nouvelles exigences épistémologiques ou de nouveaux outils cognitifs.
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