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Membre a labase
Ramzi Guerbaa : Université Laval
Introduction :
E. coli est une bactérie Gram négative responsable de maladies graves chez les humains et les animaux. Elle a aussi
contribué de façon significative à la propagation de la résistance aux antibiotiques. Dans ce travail, nous avons isolé
et identifié plusieurs isolats d'E. coli à partir d’élevage aviaires de Tunisie. Ces isolats ont été caractérisés sur le plan
phénotypique et moléculaire en déterminant leur profil de résistance aux antibiotiques, leurs virulomes, résistomes
ainsi que les gènes associés à biosynthèse des bactériocines et d’autres protéines antimicrobiennes.
Methodologie :
Plusieurs isolats aviaires d’E. coli ont été isolés sur milieu McConkey à partir de contenu caecal de poulet de chair de
fermes avicoles en Tunisie. 39 isolats ont été retenus, leur ADN total a été extrait et séquencé. La phylogénie ainsi
que le phylogroupe, le sérotype et le type de séquence (ST) ont été déterminés. Un criblage in silico a été effectué
pour détecter les groupes de gènes associés à la biosynthèse des bactériocines, à la résistance aux antibiotiques et
à la virulence en utilisant des bases de données spécialisées (ANTISMASH[1], CARD[2] et VFDB[3] respectivement).
Résultats :
Nos analyses ont montré que les 39 isolats d'E. coli ont montré une grande diversité en termes de caractéristiques
phénotypiques et moléculaires. Les 39 isolats appartiennent à cinq phylogroupes distincts (A, B1, B2, D et F), à 22
sérotypes et à 19 ST. Un taux de 79,4 % étaient résistants à au moins trois antibiotiques, 69,2 % étaient résistants à
cinq antibiotiques ou plus, tandis que 38,4 % étaient résistants à huit antibiotiques ou plus. Les gènes de virulence
iroN, ompT, hlyF, iutA et iss ont été détectés chez 17/39 souches et ont été assignées au pathotype aviaire APEC. Les
déterminants génétiques de la colicine V ont été détectés chez 17 isolats, tandis que MccJ25 a été détectée chez
cinq isolats et MccC7 chez deux isolats.
Conclusion :
Cette étude a permis de confirmer la prévalence élevée d’E. coli pathogènes multirésistants aux antibiotiques en
production aviaire. Elle a aussi démontré la grande diversité chez ces souches en termes de caractéristiques
phylogénétiques, de résistance aux antibiotiques et de pathogénicité. Finalement, nous avons démontré la présence
importante de gènes codant pour des composés antimicrobiens notamment les bactériocines. Cependant, les liens
entre la production de ces bactériocines et le pouvoir pathogène d’ E. coli restent à déterminer.
200- Sciences naturelles, mathématiques et génie. Caractérisation du risque alimentaire associé à l'interface ferme et transformation primaire dans une approche de la ferme à la table. Un total de 4 millions de Canadiens sont touchés par une maladie d’origine alimentaire (TIA) chaque année. Parmi ces cas, on compte environ 11 600 hospitalisations et 238 décès. Les TIA sont causées par des microorganismes (bactéries, virus et parasites) provenant des produits d'origine animale, des fruits et légumes frais ou de l'eau potable et cette contamination peut survenir à n'importe quel maillon de la chaîne alimentaire. La salubrité alimentaire est donc mieux assurée par une approche intégrée qui prend en compte l'ensemble de cette chaîne. Un système de sécurité sanitaire des aliments doit ainsi tenir compte de la complexité de la production alimentaire, de la mondialisation de l'approvisionnement et doit être fondé sur une juste appréciation des risques sanitaires pour le consommateur. Parmi ceux-ci, le développement et la propagation de la résistance aux agents antimicrobiens est considéré de la plus haute importance par les autorités de santé publique. Or, le secteur de la production animale est considéré comme l'un des principaux vecteurs de la propagation de la résistance bactérienne aux antibiotiques. Cependant, les études les plus récentes suggèrent que les animaux d’élevage contribuent relativement peu à l'acquisition de bactéries résistantes par les humains. Néanmoins, dans une perspective de production animale durable, et indépendamment de l’ampleur de l’implication de ce secteur dans la dissémination de la résistance aux antimicrobiens à travers la chaîne alimentaire, plusieurs actions ont été menées en production animale afin de limiter cette résistance bactérienne et préserver l'efficacité et la longévité des antibiotiques. En revanche, l’utilisation d’agents antimicrobiens est encore aujourd’hui parfois indispensable pour prévenir l’exposition de l’humain aux pathogènes zoonotiques alimentaires, que ce soit en production animale ou dans les établissements de transformation.
Titre du colloque :