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Jenny Hiep : Université de Montréal
La sénescence est associée au vieillissement et la détérioration des fonctions cellulaires. Cependant, deux études (Storer et al et Muñoz-Espín et al 2013) suggèrent que la sénescence joue un rôle dans le développement embryonnaire. Cette forme de sénescence diffère du type pathologique observé lors du vieillissement et de la culture cellulaire. Durant la sénescence développementale, le labo Roy a observé une diminution d’interleukine-6 (il-6) qui est une cytokine inflammatoire et une augmentation il-10 qui est anti-inflammatoire. Pour certains aspects du développement embryonnaire, la sénescence peut être avantageuse étant donné que les cellules peuvent activement influencer la matrice extracellulaire et sont éliminées plus lentement que des cellules apoptotiques. Parmi les gènes enrichis au niveau des pronéphros sénescents chez l’axolotl, le laboratoire s’est intéressé au Raf kinase inhibitor protein (RKIP), qui fait partie de la voie MAP kinases. Notre hypothèse est que RKIP est impliquée dans le contrôle de la senescence développementale et influence le développement des organes transitoires. Afin d’étudier cet impact des embryons d’axolotls ont été traités l’inhibiteur de RKIP, locostatine, puis colorés à la β-galactosidase acidique. Les axolotls traités avec une haute dose de locostatine démontraient une diminution de cellules sénescentes. Nos résultats supportent l’hypothèse que la sénescence ait initialement évoluée pour jouer un rôle lors du développement.
La sénescence cellulaire est un mécanisme programmé activé lors du développement de l’embryon, de la réparation tissulaire ou de l’élimination des cellules tumorales; c’est donc un mécanisme physiologique essentiel. Cependant, la sénescence cellulaire est aussi activée lorsque la cellule est endommagée par des signaux de stress mécaniques ou toxiques, ou par l’exposition chronique à des cytokines inflammatoires liée, par exemple, aux facteurs de risque des maladies cardiovasculaires tels que la sédentarité, la haute pression artérielle ou le diabète. Ce type de sénescence cible toutes les cellules, y compris les cellules immunitaires qui normalement éliminent les cellules sénescentes. Il en résulte une accumulation des cellules sénescentes qui contribuent à endommager la fonction des tissus avec l’âge, aux effets secondaires de la thérapie anticancéreuse, ou encore à accélérer la fragilité liée au vieillissement.
Les mécanismes des effets néfastes de la sénescence passent par leur capacité de sécréter des facteurs proinflammatoires tels que des cytokines, des enzymes de remodelage de la matrice extracellulaire et des médiateurs lipidiques. Ce phénotype est connu comme le SASP (senescence-associated secretory phenotype). Dans les études animales, l’élimination des cellules sénescentes ou l’inhibition du SASP ralentit la fragilité liée au vieillissement, les maladies associées à l’âge comme l’athérosclérose, les maladies neurodégénératives, la fibrose et les effets secondaires des thérapies anticancéreuses. Deux nouvelles classes de médicaments, les senolytiques (éliminent les cellules sénescentes) et les sénomorphiques (altèrent le SASP), sont à l’étude. La sénescence cellulaire contribue à des problèmes médicaux liés à l’âge et dont la prévalence augmente; plusieurs questions d’ordre fondamental restent sans réponse, ce qui attire des chercheurs de tous les domaines de la recherche biomédicale. Ce colloque est donc d’intérêt général.
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