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Martine Gauthier : UQAR - Université du Québec à Rimouski
La collaboration intersectorielle s’avère être une démarche nécessaire dans des situations complexes, surtout dans des contextes où il y a un risque de bris de services (Lemay et al., 2021). Les défis de la collaboration intersectorielle sont de plus en plus reconnus (Cappé et Boujut, 2016; Caron et al., 2022; Deslandes, 2019; Maillot et Merini, 2021). Malgré ce fait, il est fréquent de constater que certaines conditions peuvent ne pas être mises en place, telles avoir une connaissance claire des rôles de chacun·e, implanter un dispositif explicite pour organiser un plan d’action ainsi que s’appuyer sur des indicateurs de réussite (Caron et al., 2022; Lemay et al., 2021). À titre d’agente régionale d’expertise et de soutien en autisme, l’expérience a fait en sorte d’avoir souvent été confrontée aux enjeux, souvent contradictoires, rencontrés par les intervenant·es des divers réseaux intervenant auprès des élèves HDAA et de leur famille. Un accompagnement s’avère alors nécessaire à l’apprentissage de la collaboration (Sénéchal, 2021). La communication exposera certains facilitateurs qui devraient être mis en place pour soutenir la collaboration intersectorielle. À partir de situations concrètes, basées sur le principe de l’importance que les personnes des divers réseaux identifient elles-mêmes des solutions, la communication fera état de balises pouvant être mises en place pour dénouer des situations d’impasse de communication entre des intervenant·es de réseaux de services.
La collaboration intersectorielle est reconnue comme étant significative pour favoriser l’inclusion et la participation sociale (Letscher et al., 2015, 2016, 2019) ainsi que le bien-être à l’école des élèves HDAA (Beaulieu et Caron, 2022). Cette collaboration présente toutefois plusieurs défis et obstacles (Beaupré et al., 2022), spécifiquement au regard de la mise en œuvre d’un plan de transition de l’école à la vie adulte (AQIS, 2016) ou d’un projet de vie axé sur les champs d’intérêt du jeune, en collaboration avec les partenaires des différents réseaux de l’éducation, de la santé et des services sociaux, communautaires et de l’emploi (Gauthier-Boudreault et al., 2021; Letscher et al., 2019). Notamment, plusieurs défis sont soulevés concernant le programme Transition de l’école à la vie active, soit la TEVA (Jolicoeur et al., 2021; Letscher, 2017; Letscher et al., 2019; Vérificateur général du Québec, 2020). Effectivement, Lemay et al. (2021) notent les positions divergentes adoptées par les collaborateur·trice·s des différents milieux impliqués dans le soutien des élèves HDAA. Ces réactions sont souvent dues à une méconnaissance des rôles et des responsabilités de chacun·e (Sénéchal, 2021). D’autres obstacles relèvent du manque de continuum de services. Pourtant, la collaboration intersectorielle s’avère très importante pour faciliter les périodes de transition de l’élève HDAA (MEES, 2015), particulièrement dans des cas complexes, tels que les personnes présentant un polyhandicap (Gauthier-Boudreault et al., 2021; Maes et al., 2020) ou une comorbidité. En raison des défis qu’elle implique, il importe de réfléchir aux conditions nécessaires à mettre en place pour une collaboration intersectorielle optimale. Le présent colloque met les personnes handicapées ou en difficulté d’adaptation et d’apprentissage (HDAA), ainsi que leur famille, au cœur du processus de collaboration intersectorielle. Plusieurs ressources gravitent autour de ces personnes. Il peut s’agir de celles des différents réseaux de l’éducation, de la santé et des services sociaux, communautaires et du travail ou de l’emploi. L’apport de ces différentes ressources est souvent méconnu des uns et des autres, ce qui peut faire en sorte que, trop souvent, les personnes HDAA et leur famille perdent beaucoup de temps à obtenir une réponse à leurs besoins souvent complexes en raison du travail en vase clos de certaines ressources. De plus, plusieurs d’entre elles se voient confrontées à des vides de services. Tous ces enjeux liés à la collaboration intersectorielle sont rarement abordés de façon conjointe. C’est ce que propose de faire le présent colloque. De plus, le fait d’inviter à participer des partenaires de divers organismes, au même moment, dans un même lieu, permettra certainement de faire émerger des pistes de solution afin de bonifier les pratiques de collaboration.
Titre du colloque :