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Christelle Fournier : Fertiles - accompagnement en permaculture
La permaculture est une philosophie appliquée promouvant l’idée de prendre soin des humains et de l’environnement équitablement en s’inspirant de leurs contraintes respectives, tel un engrais pour créer de nouveaux récits et actions ancrés dans le réel. Bien que le volet des techniques permacoles se soit déployé depuis l'ouvrage fondateur Permaculture One (Mollison et Holmgren, 1978), le volet social urbain proposant une réflexion sur le maillage des initiatives à l’échelle métropolitaine semblent avoir été délaissés. Malgré de récentes contributions, des enjeux de genre (surreprésentation masculine) et urbain (l’accès à la nourriture locale, l’accès aux connaissances pour réapprendre les savoir-faire alimentaires, etc) restent peu abordés dans les ouvrages récents. Notre Ville Permaculturelle aborde ces problématiques dans une démarche écoféministe où onze expertes-praticiennes issues d’une large diversité y développent leurs réflexions et savoirs pour cocréer une ville plus équitable et résiliente. Ce livre a été conçu via la méthodologie OBREDIM (proposition d’étapes pour la mise en place de projets incluant la rétroaction). Il aborde autant la question de la cohabitation non-humaine et humaine que celle du partage des ressources, des rôles, des espaces, de la gouvernance, des récits collectifs afin d’acter notre écocitoyenneté. Cette conférence explore comment la permaculture peut être appliquée à l’échelle urbaine en s’appuyant sur les différentes perspectives du livre.
La capacité, voire la légitimité, de notre monde à durer est mise à l’épreuve, autant par son insoutenabilité écologique que par l’ampleur de ses injustices sociales. L’importance de ces défis génère des tensions et une polarisation politiques croissantes qui interrogent le rôle des savoirs dans nos choix pour notre avenir commun. Pour construire d’autres horizons politiques pour ce XXIe siècle déjà mal engagé, quels savoirs est-il nécessaire de reconnaître, de construire, de mobiliser, et comment ?
Cette question invite d’abord à considérer les concepts mobilisés pour penser des avenirs souhaitables que l’on parle aujourd’hui de transition, de décroissance, de postdéveloppement, de buen vivir, de sobriété, de communs, de justice sociale, environnementale et épistémique, etc. Quels usages analytiques, mais aussi quelles mises en pratique militantes et organisationnelles ? Quelles oppositions et quelles articulations entre ces différents termes, mais aussi avec des contre-discours de plus en plus sonores (des utopies technocentristes à la multiplication des régimes antidémocratiques) ? Comment cela se concrétise-t-il sur et avec le territoire, notamment avec ses multiples acteurs à la recherche d’un plus grand pouvoir d’agir local ? Quels rôles pour les politiques sociales et quels nouveaux arrangements entre mouvements sociaux et citoyens, économie sociale et solidaire, philanthropie et État ? Dans quelle mesure ces débats résonnent-ils dans les milieux de travail, tant sur le plan des pratiques de gestion que des mobilisations collectives et de l’évolution de la qualité de l’emploi ? Comment cela s’opère-t-il dans la mise en organisation de la justice sociale, environnementale et épistémique ? Sous quelles formes organisationnelles et de quelles manières de s’organiser ?
Notre question exige aussi d’interroger les modes de construction des savoirs. Quel renouvellement des épistémologies face aux crises sociétales ? Quelle refondation des universités et des institutions productrices de savoir pour ouvrir de nouveaux horizons ? Quel rôle pour la société civile, notamment les personnes les plus marginalisées, dans la coconstruction des connaissances et la coproduction des actions collectives et des politiques publiques ? Quels savoirs oubliés, marginalisés ou invisibilisés à reconnaître ? Quel arbitrage entre défense de la science pour orienter décisions politiques et dérives épistocratiques (le règne des experts), aux dépens de la démocratie ?
Notre colloque sera l’occasion de travailler sur l’articulation entre l’émergence de nouveaux savoirs (ou la reconnaissance de savoirs déjà disponibles, mais invisibilisés) et la transformation sociale. Il s’agira d’interroger la contribution des savoirs à des transformations sociales, mais aussi de voir dans quelle mesure l’avènement d’un nouveau monde (sous ses paramètres sociaux, environnementaux, économiques, etc.) produit de nouveaux imaginaires, de nouvelles exigences épistémologiques ou de nouveaux outils cognitifs.
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