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Marie-Pier Bastien : Université d'Ottawa
Cette étude exploratoire porte sur le développement de la clarté cognitive d'élèves hispanophones (n=25) scolarisés en français langue de scolarisation en 1re année en Outaouais. Notre objectif principal était de concevoir et de mettre à l’essai un programme de littérature de jeunesse (LDJ) bilingue (français-espagnol) visant le développement de la clarté cognitive par la reconnaissance de la langue d’origine (L1) et de mesurer les effets du programme sur les différents acteurs impliqués. Pour mieux appréhender le développement de la clarté cognitive chez les élèves de notre étude, nous avons mis en relation les facteurs cognitivo-langagiers et socioaffectifs avec certains aspects de notre programme de LDJ. Pour mesurer l'effet du programme sur les différents acteurs impliqués, nous avons porté une attention particulière sur les pratiques pédagogiques des enseignants, sur la place qu'occupent les L1 et sur le recours à la LDJ en salle de classe. Les résultats montrent que le recours à la langue d'origine en contexte de langue seconde (L2) favorise l'apprentissage de la clarté cognitive et que le recours à des livres bilingues favorise un rapprochement entre l'école et la famille. Si notre recherche ne semble pas avoir apporté de changement dans les pratiques pédagogiques des enseignants, elle a toutefois le mérite de combler une importante lacune en contexte de L2 en suscitant certaines prises de conscience qui ont eu une incidence sur leurs représentations des langues.
Depuis quelques années, on assiste à l’émergence d’un « tournant plurilingue » mondial dans différents champs de recherche (May, 2014). En éducation et en didactique des langues, ce tournant se traduit par un intérêt porté au développement d’une multicompétence langagière (Cook et Wei, 2016), ou compétence plurilingue (CECR, 2001), où l’accent est mis sur l’intégration et l’utilisation fluide et dynamique des ressources du répertoire des apprenant·es selon les besoins de communication. À cet effet, des approches pédagogiques plurilingues retiennent de plus en plus l’attention des chercheur·ses.
Les approches plurilingues peuvent par exemple inclure des activités d’éveil aux langues, qui impliquent la mise en contact avec différentes langues pour favoriser une ouverture à la diversité linguistique et les comparaisons métalinguistiques entre les langues. Ces approches englobent aussi la didactique intégrée des langues qui, par un décloisonnement des différentes langues de l’école (au Québec, l’anglais et le français), a pour but de favoriser les apprentissages langagiers. Dans la même veine, dans les pédagogies de translanguaging, qui visent à créer des espaces d’apprentissage signifiants, les apprenant·es sont encouragés à mobiliser leurs ressources langagières et soutenus dans ce processus. L’utilisation de la littérature de jeunesse et la production de textes bi/plurilingues, entre autres, constituent des pistes intéressantes pour mettre de l’avant ces approches.
Dans les milieux éducatifs, la mise en place de ces approches est modulée par les contextes sociolinguistiques (milieux pluriethniques, francophones minoritaires, anglophones québécois, etc.). Par ailleurs, l’adhésion des acteur·trices scolaires à ces approches est susceptible de dépendre de leurs représentations du plurilinguisme. Ce colloque constitue donc l’occasion d’explorer, selon des regards croisés, ces différentes questions.
Titre du colloque :