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Sophie Mathieu : Institut Vanier de la famille
La maternité et l’égalité entre les genres sont-elles conciliables? Selon la théorie de l’équité des genres, la faible fécondité serait le résultat d’un écart entre un haut niveau d’égalité dans les institutions publiques comme le marché du travail et un faible niveau d’égalité à l’intérieur de la famille dans le partage du travail de soins. Cette théorie est-elle pertinente pour expliquer les tendances en matière de fécondité au Québec depuis les années 60? Peut-on favoriser à la fois l’égalité entre les genres et la réalisation des intentions de fécondité? Tout à fait. Il suffit de regarder dans le rétroviseur de l’histoire des mesures de soutien aux familles au Québec. En 1988, la mise en place d’une politique familiale nataliste a engendré une montée de la fécondité de courte durée, parce que les femmes ne détenaient pas les outils leur permettant d’être simultanément des mères et des travailleuses. Or, depuis le début des années 2000, le réseau de services de garde et les prestations de paternité ont permis de remettre en question la division du travail, favorisant par la même occasion un climat d’égalité propice à la venue d’enfants. Cette présentation offrira des pistes de réflexion qui font l’objet d’un livre à paraître en 2023 aux PUM sur les liens entre la disponibilité des mesures de soutien aux familles, l’égalité entre les hommes et les femmes et la fécondité.
En 1978, le Conseil du statut de la femme dresse un état des lieux de la situation des femmes du Québec dans son avis Pour les Québécoises : égalité et indépendance. Il y examine les causes des inégalités sexuelles et analyse les obstacles qui restreignent l’autonomie des femmes et leur pleine participation à la société. Les thèmes de la socialisation, de la santé, de la famille, du marché du travail et de l’exercice du pouvoir sont scrutés à la loupe afin de débusquer les injustices et de cibler les moyens d’y remédier. L’exercice s’appuie sur une consultation menée auprès de groupes de femmes et de comités de travail dans l’appareil gouvernemental, dans le contexte où les données sur les conditions de vie des femmes sont rares et où la recherche féministe est à l’état embryonnaire.
Aujourd’hui, le champ des études féministes s’avère prolifique. Ce foisonnement implique des chercheuses et des chercheurs de différents horizons disciplinaires dont les travaux contribuent à éclairer, sous différents angles, les réalités multiples vécues par les femmes. L’heure n’est plus à l’idée d’une condition universelle des femmes, mais à la diversité des expériences, lesquelles sont appréhendées au croisement de systèmes de discrimination qui concourent à la production et à la reproduction d’inégalités sociales fondées, par exemple, sur le genre, l’orientation sexuelle et l’ethnicité. Le colloque proposé sera l’occasion de prendre acte du panorama de connaissances théoriques et empiriques produites au regard des thématiques examinées en 1978, et de mesurer les avancées et les enjeux persistants qui forment la trame de l’atteinte de l’égalité entre les femmes et les hommes au Québec.
Titre du colloque :