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Léa Lefevre-Radelli : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières
En 2012, la Commission vérité et réconciliation du Canada (CVR), établie pour faire la lumière sur les conséquences des pensionnats indiens, a reconnu le rôle clé de l’éducation dans la création d’une société inclusive. Elle recommande entre autres « [l]’élaboration et la mise en œuvre (…) de programmes d’études et de ressources d’apprentissage sur les peuples autochtones dans l’histoire du Canada » et « le renforcement de la compréhension interculturelle, de l’empathie et du respect mutuel » (CVR, 2012 : 9). La mise en œuvre de ces initiatives comporte cependant plusieurs difficultés, notamment une formation adéquate des enseignants (Fast et Drouin-Gagné 2019). Les programmes du niveau primaire au niveau postsecondaire ne permettent pas d’élaborer une réflexion critique systématique sur les conséquences de la colonisation et des pensionnats indiens et risquent de reproduire une vision stéréotypée et négative des peuples autochtones (Bories-Sawala, 2017). L'auteure a réalisé en 2022-2023 une recherche qualitative documentant les défis, questionnements et pratiques d'enseignants du milieu collégial qui enseignent les réalités autochtones et d'autres sujets sensibles liés à la décolonisation. Cette communication présente des pistes pouvant outiller les enseignants qui souhaitent aborder les réalités autochtones, en faisant des liens avec d’autres sujets sensibles liés à l’oppression coloniale.
Les dernières années ont été témoin d’une prolifération de politiques institutionnelles dans divers milieux, dont les milieux de l’éducation, visant à renforcer l’équité, la diversité et inclusion (EDI). Ces politiques ciblent notamment l’amélioration de la participation des personnes sous-représentées ou marginalisées dans ces milieux, en considérant leurs diverses réalités et en éliminant les obstacles et préjudices d’ordre systémique favorisant leur épanouissement (Gouvernement du Canada, 2021). Or, ces politiques sont complexes, et parfois même contestées de par l’incompréhension de certains décideurs ou intervenants des principes d’équité et des moyens à prendre pour favoriser une plus grande inclusion des personnes concernées par l’EDI (Tamtik et Guenter, 2019). De plus, l’adhésion stricte à une politique EDI ne permet pas nécessairement de confronter les structures à la source des inégalités (Scott, 2020). Si les stratégies EDI peuvent faciliter l’inclusion de personnes issues des groupes concernés dans les milieux d’enseignement, sans un changement sur le plan structurel, sans la mise en place de nouvelles pratiques institutionnelles et sans l’établissement des meilleures conditions pour soutenir ces pratiques, les inégalités sociales ne peuvent que se perpétuer; ces inégalités se nourrissant des structures qui ont contribué à la construction et au maintien des conditions ayant mené à l’exclusion des personnes. En effet, l’oppression, la discrimination et l’exclusion sont à la fois des processus et les résultats de ces processus qui se développent à travers les inégalités et les divisions sociales (Thompson, 2001). Un changement sur le plan des inégalités sociales dans les milieux de l’éducation passe donc nécessairement par un changement de pratiques permettant la confrontation de ces processus et par la reprise de pouvoir par les groupes concernés (Pullen Sansfaçon, 2013; Van Wormer, 2010), et ce, afin de favoriser l’inclusion et le plein épanouissement des personnes.
En conférence d’ouverture : Johnny Boivin
Panélistes invité.e.s : Amandine Catala (UQAM), Emanuelle Dufour (Concordia), Félix Bélanger (UdeM) et Aranzazu Recalde (Ministère de l’Éducation du Québec)
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