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Greta Delpanno : Université de Montréal
Des essais vidéos sur la représentation de l’amour romantique en Italie et ses clichés seront proposés en se concentrant sur des thèmes qui reviennent dans différentes séries télévisées italiennes. Le paysage est ici montré comme un locus amoenus où le coup de foudre et le romanticisme s’épanouissent sur les plages chaudes ou dans les villes médiévales. À cette occasion, je voudrais présenter la série Prisma (Prime Video 2022- ) et la manière dont elle se situe dans le panorama télévisuel italien. Prisma raconte l’histoire de deux frères jumeaux qui explorent leurs relations avec leurs pairs, leur premier amour, leur sexualité et leur identité de genre. La série aborde les enjeux du queerness en témoignant comment les jeunes se remettent en question sans aucun type de jugement. Ce produit pourrait être considéré comme un coup de pouce, de la part de son créateur, Ludovico Bessegato, et de Prime Video lui-même vers une représentation plus complète des nouvelles générations. La série tombe-t-elle dans le piège d’afficher certains des stéréotypes déjà vus dans d’autres séries italiennes contemporaines ? Comment les relations amoureuses sont-elles montrées et comment le paysage italien est-il abordé ? Pour cette occasion, j’aimerais chercher des réponses aux questions posées ci-dessus et pousser cette réflexion plus loin, en contextualisant la série, et éventuellement entamer un dialogue pour analyser le sujet plus en profondeur.
Les séries télé sont exponentiellement présentes dans notre quotidien, comme en témoignent l’émergence de nouvelles plateformes de vidéo à la demande; la persistance de pratiques comme le visionnage en rafale; les représentations de plus en plus ouvertes aux thématiques de la sexualité ou de la diversité au petit écran, avec la visée parfois « éducationnelle » de celles-ci et les discussions qu’elles suscitent dans l’espace publique; ou encore la création de festivals dédiés. Pourtant, une perception des séries comme « mauvais objet d’attachement » ou « plaisir coupable » est encore courante. Le besoin identifié est de donner une plus grande cohérence aux connaissances au sujet des pratiques qui se développent autour de la culture des séries et, à proprement parler, de la dimension affective de l’attachement. Si des travaux sur la sériephilie existent, il est maintenant le temps d’étoffer ces réflexions à l’aune d’une présence accrue de ces phénomènes dans la vie de tous les jours, de leur statut de repère culturel partagé et de leur influence sur les imaginaires collectifs.
Quels outils pouvons-nous développer afin de mieux comprendre la place de l’amour dans notre relation avec les séries, devant et derrière l’écran ? En utilisant comme porte d’entrée l’exemple des représentations de l’amour et de l’intimité, nous discuterons des façons dont les séries nous communiquent un savoir sur notre forme de vie, sur nos relations, et mettent en scène celles-ci avec une grande complexité. En ce sens, les séries sont à appréhender comme des « modèles de conduite » qui stimulent, autant que la littérature, l’imagination morale et la réflexivité relationnelle (Murdoch, 1970). Ce colloque portant sur l’amour tel que les séries le représentent et sur l’amour des publics pour les séries vise à repenser ces enjeux comme foncièrement politiques, du moment où la représentation médiatique est une des composantes du changement social.
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