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Nicolas Malaquin : Université de Montréal
La senescence cellulaire est un mécanisme suppresseur de tumeur pouvant être activé dans les cellules normales mais aussi cancéreuses suite à certaines thérapies anti-cancéreuses. Bien que bénéfique dans un premier temps (blocage de la prolifération), les cellules sénescentes peuvent présenter un risque de résistance aux traitements et de rechute notamment par leurs propriétés de forte résistance à l’apoptose et de production d’un sécrétome pro-inflammatoire (senescence-associated secretory phenotype= SASP). Il est donc important de trouver des moyens d’éliminer les cellules sénescentes (par des agents sénolytiques) ou de manipuler spécifiquement leurs propriétés néfastes, en particulier le SASP. Nous cherchons à mieux comprendre les différentes étapes du processus menant à l’expression du SASP en réponse aux dommages à l’ADN. Nous avons pu montrer qu’après un premier blocage du cycle et une phase de réparation de l’ADN active, les cellules peuvent re-proliférer en présence que dommages résiduels provoquant une forte instabilité génomique, un arrêt de prolifération stable et l’apparition des phénotypes de sénescence. Par l’utilisation d’inhibiteurs ciblant ces différentes étapes, nous montrons qu’il est possible de diminuer spécifiquement le SASP pro-inflammatoire sans pour autant empêcher l’arrêt de prolifération. Une meilleure utilisation et combinaison des agents anti-cancéreux pourrait permettre de d’améliorer les thérapies induisant la sénescence.
La sénescence cellulaire est un mécanisme programmé activé lors du développement de l’embryon, de la réparation tissulaire ou de l’élimination des cellules tumorales; c’est donc un mécanisme physiologique essentiel. Cependant, la sénescence cellulaire est aussi activée lorsque la cellule est endommagée par des signaux de stress mécaniques ou toxiques, ou par l’exposition chronique à des cytokines inflammatoires liée, par exemple, aux facteurs de risque des maladies cardiovasculaires tels que la sédentarité, la haute pression artérielle ou le diabète. Ce type de sénescence cible toutes les cellules, y compris les cellules immunitaires qui normalement éliminent les cellules sénescentes. Il en résulte une accumulation des cellules sénescentes qui contribuent à endommager la fonction des tissus avec l’âge, aux effets secondaires de la thérapie anticancéreuse, ou encore à accélérer la fragilité liée au vieillissement.
Les mécanismes des effets néfastes de la sénescence passent par leur capacité de sécréter des facteurs proinflammatoires tels que des cytokines, des enzymes de remodelage de la matrice extracellulaire et des médiateurs lipidiques. Ce phénotype est connu comme le SASP (senescence-associated secretory phenotype). Dans les études animales, l’élimination des cellules sénescentes ou l’inhibition du SASP ralentit la fragilité liée au vieillissement, les maladies associées à l’âge comme l’athérosclérose, les maladies neurodégénératives, la fibrose et les effets secondaires des thérapies anticancéreuses. Deux nouvelles classes de médicaments, les senolytiques (éliminent les cellules sénescentes) et les sénomorphiques (altèrent le SASP), sont à l’étude. La sénescence cellulaire contribue à des problèmes médicaux liés à l’âge et dont la prévalence augmente; plusieurs questions d’ordre fondamental restent sans réponse, ce qui attire des chercheurs de tous les domaines de la recherche biomédicale. Ce colloque est donc d’intérêt général.
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