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Documenter la dynamique de l’engagement enfant·s-enseignant·e en situation d’un jeu partagé de faire-semblant pour s’approcher de la perspective des enfants

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Marie-Claude Marchand : Université Laval

Résumé de la communication

De la perspective d’un enfant, jouer correspond à un moment agréable dont l’activité, l’endroit où elle se déroule (Howard et al., 2006) et la manière dont il souhaite transformer le matériel mis à sa disposition (Keung et Fung, 2021) sont choisis librement. Également, de son point de vue, jouer implique des interactions avec son environnement physique et social (Keung et Fung, 2021; McInnes et al., 2010). Ces interactions favorisent son engagement, ses apprentissages et son développement (Bodrova et Leong, 2011; 2019; Fleer, 2015). Au cœur de son jeu, l’enfant accepte l’adulte à la condition que celui-ci adopte un statut de partenaire et non de directeur de jeu (Ólafsdóttir et Einarsdóttir, 2019; Pyle et Alaca, 2018). Dans cet espace partagé où chaque partenaire, enfant·s et enseignant·e, s’engage, s’ajuste à l’autre et où le jeu se co-construit, qu’en est-il de la dynamique de l’engagement enfant·s-adulte ? Cette communication a pour objectif de 1) présenter la complexité, la singularité et la réciprocité de la dynamique de l’engagement enfant·s et enseignant·e en situation d’un jeu partagé de faire-semblant; 2) réfléchir à l’utilisation des approches historico-culturelle (Vygotski, 1997) et mosaïque (Clark, 2017) pour documenter la perspective de l’enfant au cours de cet engagement réciproque et; 3) soulever des enjeux éthiques et méthodologiques, contrebalancés par la pertinence d’apposer un regard d’acteur social sur l’enfant (Einarsdóttir, 2019).

Résumé du colloque

Afin de soutenir les apprentissages et le développement des jeunes enfants, de nombreux travaux de recherche mettent l’accent sur les pratiques des adultes (éducateur·trice, enseignant·e, etc.) qui œuvrent auprès d’eux en contextes éducatifs. Si cela s’avère pertinent et nécessaire, il ne faut pas occulter la perspective des enfants eux-mêmes, de manière à accéder, parallèlement, à leur compréhension du monde (Lavoie et al., 2020; Sommer et al., 2010, 2013). Les travaux centrés sur l’enfant se déclinent en divers niveaux d’implication de ce dernier dans le processus de la recherche. Ils peuvent considérer l’enfant comme objet de la recherche ou solliciter son point de vue, voire lui permettre d’y participer comme acteur à part entière (Lavoie et al.; 2020, Mazaye-Robert et al., 2021).

Accéder à la perspective des enfants, c’est d’une part mener des travaux qui font d’eux des partenaires de la recherche, mais c’est aussi les observer dans des activités comme le jeu, puisque c’est là que s’expriment leurs champs d’intérêt, leurs compréhensions, leur perspective même. Le jeu de faire semblant, une activité dans laquelle les enfants créent une situation imaginaire et interprètent des rôles qu’ils ont choisi d’investir (Clerc-Georgy et Martin, 2022), a une fonction de révélateur (Truffer, 2020). C’est un lieu particulièrement propice pour accéder à leur propre compréhension du monde et de leurs expériences, à une meilleure connaissance de ce qui les concerne réellement et du sens qu’ils construisent des situations proposées en contextes éducatifs.

Dans le cadre de ce colloque, divers travaux de recherches centrés sur la perspective des enfants au Québec et à l’international sont présentés. Il s’agit de faire dialoguer différentes méthodologies qui visent à accéder à la perspective des enfants : en l’observant dans ses jeux, comme le jeu de faire semblant, en jouant avec lui, en recueillant son point de vue ou encore en le ou la considérant comme cochercheur·se.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 8 mai 2023

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