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Pierre-Luc Lupien : Cégep de la Gaspésie et des Îles
La région administrative de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine est souvent présentée comme la région « plus vieillissante » du Québec, avec 29,6 % de personnes âgées de plus de 65 ans au sein de sa population. Ce constat d’ensemble dissimule toutefois des différences intrarégionales importantes qui s’expriment aussi bien entre les municipalités régionales de comtés (MRC) qu’au sein des MRC. Leurs évolutions différenciées apparaissent comme autant de signes d’un processus de transformation sociospatiale toujours en cours, notamment la tendance à la convergence de la population aînée des petites localités rurales vers les centres de services. Cette communication portera plus spécifiquement sur la diversité des modes de vieillir observée au sein d’une même localité de type « centre de services ». Les premiers constats de cette thèse socio-ethnographique tendent à confirmer qu’on ne vieillit pas de la même façon si on habite dans un rang éloigné ou au cœur village. Différents modes de vieillir s’observent aussi au sens d’un même habitat. Par exemple, chez les résidents des rangs, se retrouvent les héritiers du domaine agricole familial, représentants des familles souches, aussi bien que des locataires de maisons mobiles. L’exposé de ces premiers résultats tend à révéler ainsi la complexité et la diversité des vieillissements en milieu rural périphérique, et cela, au sein d’une même localité.
La transition démographique est bien réelle et transforme durablement la société et les ménages qui la constituent. Pour aménager et donner une juste place aux aînés, la politique québécoise Vieillir et vivre ensemble chez soi, dans sa communauté au Québec, rendue publique en 2012, cherchait à faire du vieillissement un projet positif de société. Elle a été traduite dans un premier plan d’action 2012-2017, qui a ensuite été revu avec Un Québec pour tous les âges, Le plan d’action 2018-2023. Les cinq grandes priorités placent maintenant la question des milieux de vie des aînés au centre des actions : des territoires de la vie quotidienne, une unité de planification municipale, un espace de reconnaissance, un éventail de ressources et une échelle d’intervention en santé. Or, les milieux de vie sont diversifiés, pluriels et surtout en constante évolution.
Le colloque s’organise autour de deux groupes de questions afin de faire le point sur la recherche et les innovations. 1) La diversité socioterritoriale des vieillissements : Que connaît-on de l’évolution des milieux de vie des aînés selon leurs morphologies et leurs accessibilités ? Quels sont les modes de vie des aînés selon différents milieux de vie, communautés et espaces réservés ? Quelles sont les dynamiques en villes moyennes, en régions et en milieux métropolitains ? 2) L’apport de la recherche et de l’innovation sur la gestion de la diversité : Comment évalue-t-on les réponses apportées à des vieillissements pluriels au sein d’un même milieu de vie ? Apporte-t-on des leviers d’adaptation assez diversifiés pour les ménages d’aînés ? Quelles sont les connaissances des milieux municipaux sur la diversité des vieillissements et celle de leurs territoires ? C’est avec ces questions que le colloque avancera la réflexion sur la recherche et l’innovation et sur l’interdisciplinarité nécessaire pour aménager des milieux capables de répondre à la pluralité des vieillissements d’aujourd’hui et de demain.
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