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Xavier St-Pierre : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières
Cette communication propose une analyse secondaire (Heaton, 2004) des résultats d’une recherche primaire sur le climat interculturel (Archambault, et al., 2019) réalisée dans huit écoles secondaires et ayant adopté un devis mixte afin d’évaluer le climat interculturel de ces établissements à partir d’observations et d’entretiens auprès du personnel et des élèves ainsi que d’un questionnaire quantitatif auprès des élèves. Face aux enjeux de catégorisation des élèves et de reconnaissance du racisme émanant de cette recherche, cette communication a recours à la théorie du racisme au quotidien (Essed, 1991) pour analyser l’expérience de l’équité vécue par des élèves et le personnel enseignant. Le croisement des expériences de ces deux groupes permet de dégager des tensions au regard des conditions qui sous-tendent la participation des élèves à la vie scolaire et à la reconnaissance du racisme. Ces tensions éclairent la conception de l’équité entretenue par ces acteurs et actrices et mettent en lumière le racisme au quotidien, dont l’altérisation, la pression à l’assimilation et la banalisation du racisme à l’école. Enfin, les résultats dégagés encouragent à reconnaitre les expériences du racisme des élèves et leur connaissance du phénomène et, ainsi, à continuer de documenter leur vécu à partir de leurs points de vue, tout en questionnant la participation de la recherche elle-même à ces égards.
À l’échelle locale comme internationale, plusieurs encadrements législatifs protègent le droit à l’égalité et interdisent les discriminations raciales dans les institutions éducatives (Dhume, 2021). Malgré ces balises, les expériences des personnes de groupes racisés étudiant (élèves) (Collins, 2022), travaillant (personnel scolaire) (Adam, 2021; Larochelle-Audet, 2019) ou gravitant autour des écoles (familles, communautés) (Zayani, 2021) attestent l’actualité du racisme en milieu scolaire. Considérant que ce concept continue d’être souvent tenu pour illégitime dans les sciences sociales et humaines de tradition francophone (Garneau et Giraudo-Baujeu, 2018), ce colloque invite les chercheuses et chercheurs à présenter des résultats de leurs travaux permettant de documenter les configurations actuelles du racisme ainsi que les réactions et réponses des personnes y étant confrontées au quotidien. La mise en commun d’observations empiriques de niveaux d’analyse intermédiaires, croisant « macro/structure » et « micro/agentivité », contribue à saisir les formes toujours renouvelées de la domination qui empêchent des groupes de personnes de participer à la définition des institutions au sein desquelles elles posent leurs actions (Hamrouni, 2012). Elle permet également d’appréhender la pluralité et la complexité des matrices de résistance que les personnes confrontées aux structures de domination y opposent (Collins, 2016). Pour sortir d’une épistémologie de l’ignorance, aveugle aux rapports sociaux et de domination (Strega et Brown, 2015), les chercheuses et chercheurs seront invités à rendre explicite la perspective à partir de laquelle le savoir présenté a été produit (Benhadjoudja, 2015). Cette reconnaissance est essentielle à la construction d’un savoir collectif pouvant contribuer à davantage de justice raciale dans les institutions éducatives (Collins, 2009).
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