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Nicolas Roland : Caféine.Studio
Au regard des mutations actuelles de l’enseignement supérieur, l’innovation pédagogique devient une quasi nécessité (Poumay, 2014). Néanmoins, ce contexte se révèle en même temps particulièrement complexe pour l’émergence et le déploiement de cette innovation : enseignant·e·s peu formés à la pédagogie, multiplicité d’outils et de pratiques toujours plus importante, faible niveau de littératie numérique des étudiant·e·s, environnements personnels d’apprentissage qui se déploient en marge des dispositifs socio-techniques institutionnels (Roland et Talbot, 2014). Dès lors, trop peu de projets d’innovation mettent au coeur de leurs priorités cette volonté d’amélioration des apprentissages (Roland et Uyttebrouck, 2015). Dans ce contexte, une démarche d’ingénierie pédagogique centrée sur l’apprenant·e offre de nouvelles perspectives (Benchekroun et Soulami, 2020). Elle permet d’anticiper la manière dont les étudiant·e·s vont se saisir des propriétés de l’innovation, s’approprier celle-ci et en détourner certaines des modalités afin qu’elle réponde de manière optimale à leurs besoins d’apprentissage. Notre contribution vise à faire un état des lieux des principaux travaux sur le “learning experience design” (LXD) pour appréhender leur évolution épistémologique et empirique. Nous proposerons également plusieurs retours d'expériences visant à illustrer les méthodes et processus de LXD appliqués à l’élaboration de projets d’innovation pédagogique.
Les innovations et développements technologiques récents, notamment ceux en intelligence artificielle, transforment en profondeur le monde du travail et de l’éducation. Au cours des dernières années, de nombreuses innovations numériques qui semblent très prometteuses pour l’apprentissage ont été conçues, notamment du côté de la création et de la fabrication numérique (fablab), de la réalité virtuelle, du jeu vidéo, et même de l’intelligence artificielle. Avec la COVID-19 et le passage obligé à la formation à distance (FAD), l’intégration du numérique en contexte éducatif (NCE) a connu un essor sans précédent. Mais le NCE et la FAD sont-ils toujours pertinents pour soutenir l’apprentissage et l’enseignement? Quels sont les usages appropriés et les conditions favorables qui justifient les usages? Depuis près de 25 ans, un débat fait rage entre les promoteurs du NCE (Kulik et Kulik), que certains qualifient de technophiles, et leurs détracteurs (Russell, 1999; Clarke). Ainsi, en l’absence de preuves empiriques claires, certains s’élèvent contre le NCE. Ces deux pôles illustrent donc le besoin de comprendre les enjeux liés au NCE afin d’en déterminer les possibilités d’usage et les limites qui justifient leur non-usage. De fait, il semble important de considérer le besoin de formation ou la compétence à utiliser les multiples outils numériques adéquatement pour les apprentissages (Educause, 2021, 2022). Hamilton et Hattie (2021) soulignent que la réflexion sur l’usage du NCE doit d’abord être justifiée sur le plan pédagogique. En outre, plusieurs questionnements demeurent quant aux conditions d’efficacité de la NCE, tant pour l’apprentissage (motivation, réussite, etc.) que pour l’enseignement (pratiques pédagogiques, compétences professionnelles, etc.). Considérant tous les usages possibles du NCE, ce colloque vise à en faire l’analyse sous un angle réflexif et critique, pour mieux comprendre les enjeux actuels et les perspectives, selon les ordres scolaires.
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