Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Julie Lavigne : UQAM - Université du Québec à Montréal
Le Devoir titrait en janvier 2022, « 2021, l’année de la mangamania au Québec ». La montée en popularité chez les jeunes et moins jeunes des mangas et de leur version animée ne fait plus aucun doute. Que ce soit sur Netflix ou des plateformes plus spécialisées comme Crunchyroll, Funimation ou encore la plus récente HiDive, les animés japonais transforment le paysage audiovisuel des jeunes. Or, dans les animés pour filles (shojo) en particulier, on remarque de nouveaux scripts sexuels et romantiques qui renouvellent l’horizon d’attente en matière de discours sur l’amour et la sexualité. Dans cette présentation, je présenterai les analyses préliminaires sur deux scripts novateurs tirés d’un corpus d’une vingtaine d’animés shojo ou josei (pour femmes adultes) conçus par des femmes mangakas : les animés de type boy’s love ou yaoi qui relatent des relations sexuelles ou romantiques entre hommes, et les harems inversés, qui présentent des histoires centrées une femme convoitée romantiquement ou sexuellement par de nombreux hommes ou femmes.
Les séries télé sont exponentiellement présentes dans notre quotidien, comme en témoignent l’émergence de nouvelles plateformes de vidéo à la demande; la persistance de pratiques comme le visionnage en rafale; les représentations de plus en plus ouvertes aux thématiques de la sexualité ou de la diversité au petit écran, avec la visée parfois « éducationnelle » de celles-ci et les discussions qu’elles suscitent dans l’espace publique; ou encore la création de festivals dédiés. Pourtant, une perception des séries comme « mauvais objet d’attachement » ou « plaisir coupable » est encore courante. Le besoin identifié est de donner une plus grande cohérence aux connaissances au sujet des pratiques qui se développent autour de la culture des séries et, à proprement parler, de la dimension affective de l’attachement. Si des travaux sur la sériephilie existent, il est maintenant le temps d’étoffer ces réflexions à l’aune d’une présence accrue de ces phénomènes dans la vie de tous les jours, de leur statut de repère culturel partagé et de leur influence sur les imaginaires collectifs.
Quels outils pouvons-nous développer afin de mieux comprendre la place de l’amour dans notre relation avec les séries, devant et derrière l’écran ? En utilisant comme porte d’entrée l’exemple des représentations de l’amour et de l’intimité, nous discuterons des façons dont les séries nous communiquent un savoir sur notre forme de vie, sur nos relations, et mettent en scène celles-ci avec une grande complexité. En ce sens, les séries sont à appréhender comme des « modèles de conduite » qui stimulent, autant que la littérature, l’imagination morale et la réflexivité relationnelle (Murdoch, 1970). Ce colloque portant sur l’amour tel que les séries le représentent et sur l’amour des publics pour les séries vise à repenser ces enjeux comme foncièrement politiques, du moment où la représentation médiatique est une des composantes du changement social.
Titre du colloque :
Thème du colloque :