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Andrea Burke-Saulnier : Université Sainte-Anne
La recherche confirme que c’est à l’école que les élèves vivent le plus grand nombre d’interactions et de contacts avec la langue française (Landry, Allard et Deveau, 2010 ; Boudreau, Dallaire et Deveau, 2009). Ce contact avec la langue française dans les écoles en situation minoritaire ne se limite pas à des séances académiques ; il se présente aussi lors des moments de socialisation à l’intérieur et à l’extérieur de la salle de classe. Pendant la pandémie de la CoVID-19, l’école virtuelle est devenue un nouveau mode de vie pour les élèves. Leur contact avec la langue française a changé de format – du mode traditionnel en présentiel à assister à des cours en mode virtuel. Puisque c’est à l’école ou lors d’activités organisées par les écoles que les élèves vivent leur contact le plus signifiant avec la langue française, le développement de leurs compétences langagières ont subi des impacts selon les 40 enseignants/participants de notre projet. Dans cette présentation, nous identifierons les impacts observés et exprimés par les participants du projet « L’enseignement en milieu minoritaire francophone à l’ère de la pandémie en Nouvelle-Écosse et au Manitoba : les perspectives d’enseignants » ainsi que des recommandations de pistes pour contrebalancer la diminution des expériences enculturantes vécues par les élèves lors de la transition à l’école virtuelle.
Dans la francophonie canadienne, la recherche en éducation est un domaine bien établi mettant souvent en relief les défis de l’enseignement en milieu minoritaire francophone (Cavanagh, Cammarata et Blain, 2016). De plus en plus, cette recherche est réalisée dans un contexte où les technologies numériques peuvent à la fois faire l’objet d’études ou faire partie des outils de collecte de données. Cependant, très peu d’études sont faites en français (Millette, Millerand, Myles et Latzko-Toth, 2020). Avec la pandémie, le numérique est venu bouleverser le monde du travail, entre autres le monde de l’éducation. Jeremy Rifkin a même perçu cette crise comme une occasion pour la société de se réinventer, et l’éducation n’y échappe pas, ayant à son tour dû s’adapter en très peu de temps sans exploiter tout le potentiel du numérique par faute de temps pendant la pandémie (Burquel et Busch, 2020). Par conséquent, nous assistons à l’incursion du numérique dans notre quotidien, mais aussi dans nos relations autant personnelles que professionnelles. Les compétences numériques et médiatiques des élèves et des enseignants viennent bouleverser les modèles d’enseignement traditionnels, mentionnons l’exemple de la classe inversée, qui amène le jeune à s’engager davantage dans son apprentissage autant à la maison qu’en salle de classe dans la résolution de problèmes réels. Ces nouvelles compétences numériques et médiatiques qui sont exigées des sociétés modernes nous amènent à redéfinir l’enseignement (Bjork Gudmundsdottir et Beate Vasbo, 2014). Il est donc urgent de se pencher sur ces changements qui touchent l’enseignement et les jeunes dans nos écoles de langue française.
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