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Gustavo Denani : Université d'Ottawa
Les centres de données constituent un élément fondamental pour les sociétés qui dépendent, directement ou indirectement, des services d'infrastructure tels que l'Internet, l'électricité, le chauffage, l'eau, entre autres Larkin (2013) et Leigh Star (1999). Si, d'une part, ils sont des espaces fondamentaux dans le fonctionnement d'autres réseaux d'infrastructure, cette relation n'est pas unilatérale, de sorte qu'ils dépendent également d'eux. Le prix et la sécurité de l'accès à l'électricité et à l'eau, par exemple, sont fondamentaux dans le calcul du coût et du risque de fonctionnement des serveurs, ainsi que des processus de refroidissement nécessaires pour préserver l'équipement dans ces endroits. Il va sans dire que le calcul des prix et des risques suppose l'exploitation des ressources naturelles et humaines (Parks 2021; Gudynas 2009) , même au sein d'un même territoire. Nous entendons aborder les processus d'extraction de ces espaces par la manière dont le travail, l'énergie et l'information sont liés à la valeur et au risque. Pour cela, nous proposons de penser les data centers comme un lieu spécifique dans le régime écologique capitaliste (Moore 2011), en même temps que le travail qui transforme l'énergie en information produit un mode de valeur spécifique (Pasquinelli 2011).
L’extractivisme s’intensifie et se multiplie sous diverses formes partout sur la planète (Parks, 2021). Au Sud comme au Nord, attirer des capitaux pour les activités extractivistes est désormais au centre des plans de développement économique (Asselin, 2011; Beaucage, 2018) ou de relance économique visant à sortir de la crise profonde mise en évidence par la pandémie de Covid-19 (Dressler, 2021).
Le colloque veut analyser de manière critique les dynamiques de l’extractivisme et rendre visibles les alternatives à ce modèle, comme celles liées à une cosmovision ou ontologie politique (Escobar, 2012) fondées sur des relations harmonieuses entre humains et non humains. Diverses voix critiques s’expriment en faveur d’une sortie de l’extractivisme (postextractivisme) et d’autres conceptions du vivre-ensemble, et promeuvent des stratégies locales et transnationales de résistance contre les projets extractifs (Magaña, 2020; Roca et Perdomo, 2020; Svampa, 2019).
Le colloque se propose de faire un retour sur la notion d’origine de l’extractivisme, depuis les travaux pionniers des Sud-Américains Gudynas (2009), Svampa (2013) et Acosta (2013), pour en explorer de nouveaux sens et usages, comme l’extractivisme ontologique et épistémique (Grosfoguel, 2016). Chagnon et al. (2022) considèrent l’extractivisme comme concept englobant pour comprendre les processus découlant de l’accumulation contemporaine du capital à l’échelle globale et qui organise la vie humaine et non humaine en la conditionnant. Dans ce sens, en s’inspirant des travaux de Preston (2017) sur les travailleurs migrants temporaires, de Morris (2019; 2020) sur les réfugiés et de Wichterich (2020) sur les travailleuses du soin, le colloque souhaite réfléchir à l’application du concept d’extractivisme à des processus impliquant des « ressources humaines ». À cette fin, le colloque propose de penser l’extractivisme non plus au singulier mais au pluriel (« les extractivismes ») afin de rendre possible une multitude de perspectives autour du concept.
Objectifs du colloque
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