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Enseigner Bel Ami (1885) en classe de seconde : (dé)naturaliser le genre ? Effets de la contextualisation et de l’actualisation sur l’élève sujet-lecteur.

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Marie Valin : Université de Montpellier

Résumé de la communication

Œuvre patrimoniale, le roman Bel Ami de Guy de Maupassant (1885) est fréquemment lu dans les classes du secondaire français, en particulier parce que la peinture des milieux de la bourgeoisie et de la presse parisiennes du XIXème siècle amène à l’enseignement du Réalisme, esthétique majeure de l’histoire littéraire scolarisée. Mais parce que la diégèse se concentre sur la figure d’un héros ambitieux, séducteur sans scrupule, dont toutes les relations avec les personnages féminins sont marquées par la contrainte et la violence, elle interroge le genre et incite l’enseignant à s’en saisir comme outil didactique, qui institue l’élève comme sujet-lecteur. Mon enseignement de ce roman en classe de seconde générale s’envisage dans une double dimension : matérialiste (conditions de production, réception) et internaliste (étude des personnages, de leurs relations, du milieu de la presse et du rapport sexué au pouvoir et à l’écriture représentés). Comment la lecture littéraire, dans sa dialectique entre actualisation et contextualisation, amène-t-elle chez les élèves des gestes de lecture axiologiques susceptibles de conscientiser le genre, et pour quels effets ? Le recueil des données comprend productions subjectives multimodales d’élèves, textes scolaires (commentaire, dissertation), verbatims d’entretien. Plusieurs orientations d’analyse sont abordées : analyse sémiolinguistique des productions, effets de la communauté interprétative sur l’interprétation individuelle.

Résumé du colloque

Dans le cadre du congrès de l’Acfas, la revue Genre Éducation Formation et le GT13 « Éducation et diversité » de l’AISLF, associé au RIED (Réseau international éducation et diversité), organisent un colloque transatlantique, qui propose de traiter la question du genre en éducation.

« On ne naît pas femme, on le devient » : l’importance de la question du genre en éducation est au cœur de la citation féministe la plus célèbre du monde francophone. À partir du moment où il est affirmé qu’aucune nature, qu’aucune biologie, qu’aucun destin préécrit ne permet d’expliquer (et de justifier) le monde social, à l’instant où on admet que « l’intervention d’autrui dans la vie de l’enfant est presque originelle et que dès ses premières années sa vocation lui est impérieusement insufflée » (de Beauvoir, 1949, p. 286), alors la question du genre en éducation et en formation devient centrale pour comprendre l’organisation sexuée de la société.

Comme l’ont souligné les auteures féministes des années 1970-1980, la sociologie française de l’éducation des années 1960-1970 s’est essentiellement préoccupée des inégalités de classes, reportant la « variable sexe » à un niveau secondaire. Après le texte pionnier de Liliane Kandel (1975), qui pointait le fait que le système éducatif français – malgré les principes d’égalité qui l’animent – discrimine les filles et les femmes, des ouvrages fondateurs de ce champ paraissent dans les années 1990. Nicole Mosconi (1989) interroge les effets de la mixité scolaire et crée peu à peu le concept de « rapport sociosexué au savoir » : si tous les individus ont le droit d’acquérir tous les types de savoirs, dans les faits, certains savoirs sont considérés comme tabous ou infamants, naturels ou transgressifs selon sa classe sociale et sa catégorie de sexe. De son côté, Marie Duru-Bellat (1990) rend compte de la façon dont l’école prépare les filles et les garçons à des rôles sociaux distincts. In fine, que l’on parle de didactique ou de pédagogie, qu’on l’aborde de manière transversale ou disciplinaire, qu’il s’agisse d’éducation des enfants ou de formation des adultes, que l’on se situe dans des institutions de formation ou dans des contextes non formels, il s’agit toujours de venir à bout de la hiérarchie inhérente au genre, soit en formant les individus de manière égalitaire, soit en débarrassant l’éducation des inégalités qui la traversent.

Nous vous proposons quatre thématiques :

  1. Genre et didactiques;
  2. Intersectionnalité en éducation;
  3. Conversation critique entre l’école et l’éducation à la citoyenneté numérique autour des principes de justice sociale, d’égalité de genre et d’émancipation;
  4. Mise en œuvre des politiques éducatives en faveur de l’égalité des sexes et des sexualités.

Ce colloque est ouvert aux chercheur·ses de toutes les disciplines des sciences humaines et sociales en lien avec l’éducation. Dans le but d’avoir un dialogue transatlantique, nous nous efforçons d’équilibrer les pays communicants. La jeune recherche est bienvenue.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
Discutant-e- de la session : Marie-Hélène Brunet
section icon Date : 8 mai 2023

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