Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Julie Dénommée : Bureau international des droits des enfants
Depuis quelques années, désirant entreprendre une démarche de décolonisation de son approche, le Bureau international des droits de l’enfant (IBCR) a ainsi recentré sa pratique sur la promotion des droits de l’enfant vu comme un enjeu global de relation de pouvoir où les enfants sont défavorisés, plutôt que comme une pratique de coopération internationale du Nord vers le Sud. Ainsi, des processus visant l’autonomisation des enfants ont été mis en œuvre autant au Québec qu’en Afrique de l’Ouest, misant sur le fait que « l’adultisme » (Caron 2018) continue de caractériser globalement les rapports entre enfants et adultes. Toutefois, malgré l’émergence de ces pratiques de réalignement, on note que la situation actuelle de subordination des enfants constitue un frein à une approche autonomisante qui partirait d’une volonté locale de pays du Sud. Cette présentation à travers l’étude de cas de 3 processus d’autonomisation d’enfants au Sénégal, au Burkina Faso et au Québec, pose la question de la possibilité d’approches décolonisatrices en droits de l’enfant. Alors que l’appui direct à des groupes d’enfants qui exprimeraient leur volonté et leur pouvoir d’agir reste limité par leur statut même de subordonné.es, à la différence de la collaboration avec d’autres groupes marginalisés telles les femmes ou les autochtones qui peut être direct, quelles approches utiliser pour travailler en droits de l’enfant, entre relations inégales Nord-Sud et relations inégales adultes et enfants?
Les acteurs de la solidarité internationale (SI) sont de plus en plus confrontés à une vision qui perpétue les inégalités où l’on trouve d’une part des apporteurs de l’aide, issus des puissances du Nord, et d’autre part des bénéficiaires de l’aide, issus du Sud, qui expriment une volonté croissante d’autonomie dans la gestion des actions qui concernent leur population. Depuis l’adoption par l’ONU 2015, la SI est appelée à s’arrimer avec les 17 objectifs de développement durable (ODD) visant l’amélioration des conditions de vie dans une perspective de maintien des écosystèmes pour soutenir l’ensemble de la diversité. Les moyens pour y parvenir relèvent de la valorisation des savoirs des peuples du Sud pour leur redonner le pouvoir sur leur développement et ainsi décoloniser les pratiques de la SI pour plus de coopération respectueuse. Ces moyens ont été renouvelés spécifiquement au milieu humanitaire dans le cadre du Sommet 2016 par l’entremise de la promotion officielle de la localisation de l’aide. L’ampleur de la crise sanitaire de COVID a entraîné un repli du Nord mais aussi des acteurs de la SI et a mis en lumière la capacité des organismes locaux d’agir autrement. Cette situation inattendue encourage à soutenir des projets qui favorisent l’autonomisation et pour lesquels la présence des coopérants et d’acteurs de la SI du Nord ne s’effectue plus dans les mêmes conditions qu’avant la crise. Ces pratiques issues des pays bénéficiaires questionnent la place et le rôle des acteurs internationaux, en ouvrant de nouvelles voies d’action possibles en dehors du système traditionnel. Notre colloque se veut un espace qui souscrit à engager un dialogue appelant à la coconstruction des connaissances pour adopter une posture réflexive critique participant ainsi à la diffusion des variétés de visions du monde et de pratiques liées sous l’optique d’un monde socialement juste, qui implique la décolonisation de la SO et le soutien vers plus d’autonomie des acteurs issus du Sud.
Titre du colloque :