Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Marina Slavutzky : Università di Siena
Les idées de Paulo Freire sont profondément utiles pour réfléchir sur l’équité, la diversité et l’inclusion dans l’éducation. Le pédagogue brésilien a développé un modèle libératoire dans lequel les apprenants sont encouragés à "lire le monde" qui les entoure, en comprenant leur propre oppression dans un contexte historique et actuel . Ce processus, qu'il a appelé "conscientização", consiste à aider les apprenants à prendre conscience de la nature des inégalités sociales et, par conséquent, à agir pour les changer. Il est basé sur des dialogues au sein de communautés d'apprenants et d'enseignants, plutôt que sur la transmission de connaissances de l'enseignant aux apprenants, perspective que Freire a tourné en dérision comme un "modèle bancaire" d'éducation . Ainsi, appliquer les principes freiriens à un programme pédagogique conduit à parler d'émancipation, de transformation respective et à renforcer le développement de la pensée critique et réflexive pour promouvoir l’inclusion sociale. Le projet SOMEONE (Social Media Education Every Day), dirigé par le Prof. Vivek Venkatesh est fortement influencé par la pensée freirienne. Il s’agit d’un consortium international de partenaires communautaires, politiques et de recherche qui renforce la résilience des communautés et le dialogue pluraliste pour lutter contre la discrimination. Le projet est basé sur un réseau de partenaires en Amérique du Nord, en Europe et au Moyen-Orient.
Les dernières années ont été témoin d’une prolifération de politiques institutionnelles dans divers milieux, dont les milieux de l’éducation, visant à renforcer l’équité, la diversité et inclusion (EDI). Ces politiques ciblent notamment l’amélioration de la participation des personnes sous-représentées ou marginalisées dans ces milieux, en considérant leurs diverses réalités et en éliminant les obstacles et préjudices d’ordre systémique favorisant leur épanouissement (Gouvernement du Canada, 2021). Or, ces politiques sont complexes, et parfois même contestées de par l’incompréhension de certains décideurs ou intervenants des principes d’équité et des moyens à prendre pour favoriser une plus grande inclusion des personnes concernées par l’EDI (Tamtik et Guenter, 2019). De plus, l’adhésion stricte à une politique EDI ne permet pas nécessairement de confronter les structures à la source des inégalités (Scott, 2020). Si les stratégies EDI peuvent faciliter l’inclusion de personnes issues des groupes concernés dans les milieux d’enseignement, sans un changement sur le plan structurel, sans la mise en place de nouvelles pratiques institutionnelles et sans l’établissement des meilleures conditions pour soutenir ces pratiques, les inégalités sociales ne peuvent que se perpétuer; ces inégalités se nourrissant des structures qui ont contribué à la construction et au maintien des conditions ayant mené à l’exclusion des personnes. En effet, l’oppression, la discrimination et l’exclusion sont à la fois des processus et les résultats de ces processus qui se développent à travers les inégalités et les divisions sociales (Thompson, 2001). Un changement sur le plan des inégalités sociales dans les milieux de l’éducation passe donc nécessairement par un changement de pratiques permettant la confrontation de ces processus et par la reprise de pouvoir par les groupes concernés (Pullen Sansfaçon, 2013; Van Wormer, 2010), et ce, afin de favoriser l’inclusion et le plein épanouissement des personnes.
En conférence d’ouverture : Johnny Boivin
Panélistes invité.e.s : Amandine Catala (UQAM), Emanuelle Dufour (Concordia), Félix Bélanger (UdeM) et Aranzazu Recalde (Ministère de l’Éducation du Québec)
Titre du colloque :