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Étude de la variation diachronique de la construction HAVE THE N TO en anglais dans le cadre de la notion métapragmatique d’insolence

CS

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Chris Smith : CRISCO EA4255

Résumé de la communication

Dans ce travail on s’intéressera aux changements constructionnels liés à la construction <HAVE THE N TO V> en anglais. Dans cette construction lexicogrammaticale, on s’intéresse à la variation et en particulier à l’extensibilité des noms prenant la position de complément d’objet direct du verbe HAVE (courage, power, impudence, insolence, cheek, face, nerve, stomach etc.). Selon nous, cette construction appartient à une famille constructionnelle conceptuelle régie par le pragmème de l’insolence. Cette construction a donné lieu historiquement (Smith 2021) à l’émergence d’une micro-construction lexicale associant les parties du corps à l’insolence en anglais (cheeky, lippy, facy, nervy). Afin de mener à bien ce projet, nous utilisons le corpus diachronique COHA (1820-2010) afin de tracer les occurrences des noms et proposant une classification conceptuelle de ceux-ci afin de déterminer un patron. Nous menons alors une analyse de sémantique distributionnelle pour analyser les mots co-occurrents de ces différentes variations. En identifiant les calculs de spécificité des mots co-occurrents, il sera possible d’identifier les degrés de rapprochements des expressions particulières puis de mesurer les similarités et spécificités de ces expressions. Nous partons du pari que c’est une telle approche onomasiologique conceptuelle qui permettra de mieux cerner le degré d’extensibilité de la structure, et ainsi de son succès, comme le suggère Goldberg (2019).

Résumé du colloque

Les phraséologismes (aussi appelés unités phraséologiques ou phrasèmes) sont des séquences :
– polylexicales, c’est-à-dire qu’elles sont formées d’au moins deux unités utilisées, avec une certaine récurrence, en contiguïté ou à proximité dans les textes (p. ex. au Québec, coûter une beurrée, en France et en Suisse, coûter bonbon, en Belgique, coûter un os; Lamiroy et al., 2010, p. 33-34);
– préfabriquées d’un point de vue cognitif. Il y a mémorisation « connectée » des unités figurant dans leur signifiant;
– contraintes sur le plan paradigmatique. Les unités en présence ne commutent pas librement avec d’autres unités de sens proche (p. ex. : *coûter une tranche). D’autres contraintes peuvent s’ajouter, notamment d’ordre syntaxique (p. ex. : impossibilité de passiver, d’introduire une négation) et pragmatique (p. ex. : l’affiche apportez votre vin sera placée bien en vue à l’entrée d’un restaurant au Québec).

La vaste classe des phraséologismes n’est pas unifiée. À titre indicatif, Iordanskaja et Mel’čuk (2017) proposent une typologie des phrasèmes qui compte, à son extrémité inférieure, 10 sous-classes aux propriétés sémantico-pragmatiques clairement délimitées (cf. locutions fortes, semi-locutions, locutions faibles, collocations standard, collocations non standard, nominèmes, pseudo-nominèmes, termèmes, formulèmes, sentencèmes).

Le colloque est l’occasion de réfléchir aux phraséologismes, dans toute leur complexité, en établissant un lien explicite avec la problématique de la variation, de l’innovation et du changement linguistique – en français ou dans une autre langue. Cette problématique, centrale dans les annales linguistiques depuis plusieurs décennies, est demeurée dans le champ de vision périphérique des phraséologues – du moins des phraséologues spécialistes du français – à l’exception de quelques cas notables (p. ex. : Lamiroy et al., 2010 et Lamiroy, 2020 sur les expressions verbales de la francophonie; voir aussi Cahiers de lexicologie, no 116, 2020).

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 8 mai 2023

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