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Étude de l’impact du type de protéines alimentaires et d’une supplémentation en protéase sur la colonisation des poulets de chair par Campylobacter jejuni et sur le microbiote

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Sophie Chagneau : Université de Montréal

Résumé de la communication

Campylobacter jejuni (C. jejuni) est l'une des causes les plus courantes d'infections bactériennes d'origine alimentaire. Les humains sont principalement exposés à l'agent pathogène par la consommation de viande ou de foie de poulet contaminé et insuffisamment cuit. Chez les poulets, C. jejuni utilise les acides aminés au niveau intestinal comme source d'énergie et de nutriment, ce qui en fait une voie prometteuse pour réduire sa colonisation. Par conséquent, le but de cette étude était d’étudier l’impact du contenu protéique de la moulée, et en particulier les acides aminés libérés par une protéase, sur la colonisation des poulets de chair par C. jejuni et le microbiote intestinale. Tout au long de l’étude, des poulets ont été nourris avec une moulée à base de protéines animales ou à base de protéines végétales ; et supplémentée ou non par une protéase. De plus, les poulets ont été inoculés par C. jejuni à 14 jours d’âge. À la fin de l’expérimentation, nos résultats montrent que l’addition de la protéase à la moulée végétale a permis de diminuer la charge intestinale de C. jejuni et de diminuer la dissémination extra-intestinale du pathogène vers le foie. Par ailleurs, l’addition de la protéase à la moulée végétale a diminué la diversité alpha et modifié la diversité beta du microbiote caecale. L’usage d’une protéase semble donc être une piste prometteuse pour réduire la conisation des poulets par C. jejuni et devrait faire l’objet de recherches approfondies.

Résumé du colloque

200- Sciences naturelles, mathématiques et génie. Caractérisation du risque alimentaire associé à l'interface ferme et transformation primaire dans une approche de la ferme à la table. Un total de 4 millions de Canadiens sont touchés par une maladie d’origine alimentaire (TIA) chaque année. Parmi ces cas, on compte environ 11 600 hospitalisations et 238 décès. Les TIA sont causées par des microorganismes (bactéries, virus et parasites) provenant des produits d'origine animale, des fruits et légumes frais ou de l'eau potable et cette contamination peut survenir à n'importe quel maillon de la chaîne alimentaire. La salubrité alimentaire est donc mieux assurée par une approche intégrée qui prend en compte l'ensemble de cette chaîne. Un système de sécurité sanitaire des aliments doit ainsi tenir compte de la complexité de la production alimentaire, de la mondialisation de l'approvisionnement et doit être fondé sur une juste appréciation des risques sanitaires pour le consommateur. Parmi ceux-ci, le développement et la propagation de la résistance aux agents antimicrobiens est considéré de la plus haute importance par les autorités de santé publique. Or, le secteur de la production animale est considéré comme l'un des principaux vecteurs de la propagation de la résistance bactérienne aux antibiotiques. Cependant, les études les plus récentes suggèrent que les animaux d’élevage contribuent relativement peu à l'acquisition de bactéries résistantes par les humains. Néanmoins, dans une perspective de production animale durable, et indépendamment de l’ampleur de l’implication de ce secteur dans la dissémination de la résistance aux antimicrobiens à travers la chaîne alimentaire, plusieurs actions ont été menées en production animale afin de limiter cette résistance bactérienne et préserver l'efficacité et la longévité des antibiotiques. En revanche, l’utilisation d’agents antimicrobiens est encore aujourd’hui parfois indispensable pour prévenir l’exposition de l’humain aux pathogènes zoonotiques alimentaires, que ce soit en production animale ou dans les établissements de transformation.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 8 mai 2023

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