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Kevin Péloquin : Université de Montréal
Au Québec, le cours Histoire et éducation à la citoyenneté au premier cycle du secondaire prescrit l’étude de douze réalités sociales, dont celle de la romanisation. Les élèves sont amenés à interroger et interpréter l’organisation politique de l’Empire romain à son apogée, au 2e siècle de notre ère. Pour enseigner cette réalité sociale, les ressources ne manquent pas. Nous avons arrêté notre choix sur le Tour découverte (TD) du jeu vidéo Assassin’s Creed Origins puisque les concepteurs du jeu proposent un discours historique sur la romanisation.
Toutefois, il n’existe pas de consensus sur le sens à donner à la notion de romanisation (Faure, Tran et Virlouvet, 2018). Au contact des débats historiographiques, nous rencontrons surtout les tenants d’une reformulation du concept. Alors comment se concept est-il représenté dans le TD et comment faire usage de cette ressource numérique pour amener les élèves à développer leur pensée critique en histoire ? Voilà les questions auxquelles nous souhaitons apporter des pistes de réponses à partir de la présentation des résultats d’une activité d’apprentissage réalisée auprès de cinq classes d’histoire du secondaire. Le retour sur cette expérience nous permet de relever les limites de cette démarche et de proposer des pistes de réinvestissement pour inspirer des enseignants à en concevoir de nouvelles.
Les recherches en matière d’enseignement de l’histoire abondent et s’intéressent autant aux questions de fondements (incarnées par exemple dans des analyses des objectifs des programmes d’études) qu’aux questions d’application (matérialisées par des expérimentations, en classe, d’activités avec des jeux vidéos, par exemple). Il en ressort une vue parcellaire sur cet ensemble disparate.
En raison entre autres des rapports que l’enseignement de l’histoire entretient avec l’éducation à la citoyenneté depuis longtemps dans plusieurs juridictions, toutes ces questions de recherche entrent en relation avec les enjeux sociaux auxquels tous les humains d’aujourd’hui sont vraisemblablement confrontés à un degré ou l’autre, d’une manière ou d’une autre, un jour ou l’autre.
Ainsi, maintes opinions ont été débattues quant à la façon dont l’histoire scolaire traite (ou non) ou devrait traiter des identités de genre, des mémoires, du racisme (individuel, structurel ou systémique) envers les afro-descendants ou les membres des Premières Nations, des religions, du sexisme ou de la xénophobie envers les immigrants, pour citer quelques exemples.
Ce colloque vise à rassembler des chercheuses et des chercheurs dont les travaux se recoupent à l’occasion de la publication de trois ouvrages collectifs couvrant tous les secteurs de la recherche la plus récente au Québec en didactique des sciences sociales.
Le premier ouvrage regroupe des récits de pratiques mettant en œuvre des jeux vidéo pour aider les élèves à développer leur pensée critique envers les produits culturels profanes (par opposition à savants) traitant du passé.
Le deuxième s’intéresse aux objets difficiles, thèmes sensibles et enseignement des sciences humaines et sociales.
Le troisième brosse un portrait des recherches menées à propos de l’histoire scolaire au Québec et ailleurs.
Structuré selon des axes dont ces livres sont à l’origine, il prévoit aussi des moments d’échanges combinant des recherches qui ne se recoupent encore que trop partiellement.
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