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Caterina Mamprin : Université de Moncton
La pandémie a forcé une réorganisation rapide de l’enseignement et a mis en exergue l’importance de promouvoir le bien-être des individus au sein des écoles. Une réponse adéquate aux besoins des élèves peut constituer une façon de développer leur bien-être à l’école (Amholt et al., 2020). Or, cette adéquation, qui doit être comprise dans une perspective systémique, est tributaire d’une myriade de facteurs personnels, contextuels et temporels, dont la disposition des personnes enseignantes à soutenir les jeunes composant leur groupe-classe (Amholt et al., 2020 ; Jennings, 2015). Il convient donc de dépasser la représentation de « la simple réponse aux besoins de l’élève » pour tendre vers le développement du plein potentiel des jeunes et d’étudier le bien-être à l’école dans une perspective systémique afin d’en dégager les obstacles et les facilitateurs. En cohérence avec cette perspective, cette communication propose une réflexion sur la thématique du bien-être à l’école appuyée sur les prescriptions ministérielles néo-brunswickoises ainsi que sur des données empiriques collectées récemment dans cette province canadienne.
La prise en compte de la diversité des élèves et de leurs besoins constitue un phénomène générant des situations particulièrement complexes (Morvan, 2015). La complexité de l’enseignement à une diversité d’élèves dans une société en mouvance est également tributaire de la façon dont les élèves eux-mêmes appréhendent l’apprentissage (Meirieu, 2009). Le contexte scolaire ou l’activité qui s’y vit génère-t-il des émotions positives ou négatives chez l’élève? La réponse à cette question est intimement liée à l’apprentissage et au bien-être à l’école (Valiente et al., 2012), même si nuancée par des situations familiales, économiques ou sociales favorables, compliquées ou contraignantes (Espinosa, 2016). Enfin, les différentes politiques locales ou nationales (p. ex., au Canada, Ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur [MEES], 2017; en France, Ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche [MENESR], 2015), tout comme les directives et orientations internationales (p. ex., UNESCO, 2016) viennent également colorer le paysage de l’éducation et des actions qui y sont posées par les acteurs de l’éducation. Force est d’admettre que ces politiques et orientations constituent une trame de fond à considérer dans l’étude de la réussite et du bien-être à l’école.
Dans ces politiques et orientations, désigne-t-on la réussite comme étant éducative, soit une réussite visant « le développement du plein potentiel du jeune qui n’exclut pas la réussite scolaire » (Demba, 2016, p. 5)? Y désigne-t-on la réussite éducative où le bien-être est en soi une condition même de réussite (Canvel et al., 2018)? Comment désigne-t-on le bien-être? Est-ce une condition de réussite sur laquelle l’école intervient ou non? Imprégné de ces réflexions, le colloque vise à permettre un regard croisé sur le bien-être et la réussite à la lumière de contextes géographiques ciblés, soit celui de provinces canadiennes, de la France, de la Roumanie et de la Suisse.
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