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Innovation institutionnelle et gouvernance locale : une analyse de la mise en place d'un Bureau Régional de la Diaspora

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Honoré Ouantchi : Université Félix Houphouët-Boigny

Résumé de la communication

La mise en place des Bureaux Régionaux d’Accueil et d’Information de la Diaspora, est une innovation institutionnelle dans les régions ivoiriennes. Elle est née de la volonté des élus locaux de diversifier leurs approches en matière de développement local, en s’appuyant sur un « levier » essentiel qu’est la diaspora de plus en plus importante dans les pays du nord. En 2020, la Côte d’Ivoire compte près de 1,15 million de ses ressortissants dans le monde dont, 240 000 dans l’OCDE contre moins de 70 000 en 2000. Ces chiffres témoignent l’importance de la diaspora et sa prise en compte dans la dynamique de développement territorial. Cette communication dresse la problématique de l’innovation institutionnelle relative à la territorialisation de la thématique « migration et développement ». Pour ce faire, une revue documentaire, appuyée par une collecte qualitative de donnée empirique à l’aide d’un guide d’entretien auprès des acteurs et parties prenantes de trois régions pilotes, a été faite.

Il ressort que le bureau régional constitue une fabrique d’innovation institutionnelle. Il élabore de nouvelles formes de relations professionnelles et de liens entre l’offre et la demande des services publics en matière de migration et de développement local. Les transformations introduites par le bureau au niveau des dispositifs de gouvernance territoriale favoriseront une gestion intégrée et participative de l’action publique.

Résumé du colloque

La capacité, voire la légitimité, de notre monde à durer est mise à l’épreuve, autant par son insoutenabilité écologique que par l’ampleur de ses injustices sociales. L’importance de ces défis génère des tensions et une polarisation politiques croissantes qui interrogent le rôle des savoirs dans nos choix pour notre avenir commun. Pour construire d’autres horizons politiques pour ce XXIe siècle déjà mal engagé, quels savoirs est-il nécessaire de reconnaître, de construire, de mobiliser, et comment ?

Cette question invite d’abord à considérer les concepts mobilisés pour penser des avenirs souhaitables que l’on parle aujourd’hui de transition, de décroissance, de postdéveloppement, de buen vivir, de sobriété, de communs, de justice sociale, environnementale et épistémique, etc. Quels usages analytiques, mais aussi quelles mises en pratique militantes et organisationnelles ? Quelles oppositions et quelles articulations entre ces différents termes, mais aussi avec des contre-discours de plus en plus sonores (des utopies technocentristes à la multiplication des régimes antidémocratiques) ? Comment cela se concrétise-t-il sur et avec le territoire, notamment avec ses multiples acteurs à la recherche d’un plus grand pouvoir d’agir local ? Quels rôles pour les politiques sociales et quels nouveaux arrangements entre mouvements sociaux et citoyens, économie sociale et solidaire, philanthropie et État ? Dans quelle mesure ces débats résonnent-ils dans les milieux de travail, tant sur le plan des pratiques de gestion que des mobilisations collectives et de l’évolution de la qualité de l’emploi ? Comment cela s’opère-t-il dans la mise en organisation de la justice sociale, environnementale et épistémique ? Sous quelles formes organisationnelles et de quelles manières de s’organiser ?

Notre question exige aussi d’interroger les modes de construction des savoirs. Quel renouvellement des épistémologies face aux crises sociétales ? Quelle refondation des universités et des institutions productrices de savoir pour ouvrir de nouveaux horizons ? Quel rôle pour la société civile, notamment les personnes les plus marginalisées, dans la coconstruction des connaissances et la coproduction des actions collectives et des politiques publiques ? Quels savoirs oubliés, marginalisés ou invisibilisés à reconnaître ? Quel arbitrage entre défense de la science pour orienter décisions politiques et dérives épistocratiques (le règne des experts), aux dépens de la démocratie ?

Notre colloque sera l’occasion de travailler sur l’articulation entre l’émergence de nouveaux savoirs (ou la reconnaissance de savoirs déjà disponibles, mais invisibilisés) et la transformation sociale. Il s’agira d’interroger la contribution des savoirs à des transformations sociales, mais aussi de voir dans quelle mesure l’avènement d’un nouveau monde (sous ses paramètres sociaux, environnementaux, économiques, etc.) produit de nouveaux imaginaires, de nouvelles exigences épistémologiques ou de nouveaux outils cognitifs.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 8 mai 2023

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