Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Andrée-Anne Tanguay : École du milieu de Lévis
L’École du milieu de Lévis est un milieu adapté de scolarisation et une école de la rue qui aide les jeunes raccrocheurs à se réconcilier avec le système scolaire au moyen d’une formule adaptée favorisant l’inclusion et l’implication citoyenne. Née de la concertation entre le Ministère du Travail, le Centre d’éducation aux adultes et la fusion d’organismes communautaires, l’École du milieu représente l’essence même de la collaboration intersectorielle. Depuis 2009, l’organisme a développé des liens étroits avec différents acteurs du milieu communautaire et institutionnel de sa région, dans plusieurs secteurs d’activités. C’est sur cette collaboration que repose le succès de l’organisme qui démontre un taux de réussite de plus de 80% dans le maintien des jeunes dans leur projet de vie après la fin de leur parcours. Les jeunes qui fréquentent l’École du milieu présentent des difficultés d’adaptation et d’apprentissages, ont un réseau social très limité et vivent, pour la plupart, en précarité. En créant des ponts avec les partenaires appropriés, avant, pendant et après le passage des jeunes dans ses murs, l’École parvient à diminuer l’impact des transitions qui sont généralement un enjeu majeur à la réalisation de leurs objectifs. Une brève présentation de l’École ainsi que de sa création sera suivie d’exemples concrets de cas où le référencement et la collaboration intersectorielle ont joué un rôle déterminant dans la réussite éducative de jeunes raccrocheurs.
La collaboration intersectorielle est reconnue comme étant significative pour favoriser l’inclusion et la participation sociale (Letscher et al., 2015, 2016, 2019) ainsi que le bien-être à l’école des élèves HDAA (Beaulieu et Caron, 2022). Cette collaboration présente toutefois plusieurs défis et obstacles (Beaupré et al., 2022), spécifiquement au regard de la mise en œuvre d’un plan de transition de l’école à la vie adulte (AQIS, 2016) ou d’un projet de vie axé sur les champs d’intérêt du jeune, en collaboration avec les partenaires des différents réseaux de l’éducation, de la santé et des services sociaux, communautaires et de l’emploi (Gauthier-Boudreault et al., 2021; Letscher et al., 2019). Notamment, plusieurs défis sont soulevés concernant le programme Transition de l’école à la vie active, soit la TEVA (Jolicoeur et al., 2021; Letscher, 2017; Letscher et al., 2019; Vérificateur général du Québec, 2020). Effectivement, Lemay et al. (2021) notent les positions divergentes adoptées par les collaborateur·trice·s des différents milieux impliqués dans le soutien des élèves HDAA. Ces réactions sont souvent dues à une méconnaissance des rôles et des responsabilités de chacun·e (Sénéchal, 2021). D’autres obstacles relèvent du manque de continuum de services. Pourtant, la collaboration intersectorielle s’avère très importante pour faciliter les périodes de transition de l’élève HDAA (MEES, 2015), particulièrement dans des cas complexes, tels que les personnes présentant un polyhandicap (Gauthier-Boudreault et al., 2021; Maes et al., 2020) ou une comorbidité. En raison des défis qu’elle implique, il importe de réfléchir aux conditions nécessaires à mettre en place pour une collaboration intersectorielle optimale. Le présent colloque met les personnes handicapées ou en difficulté d’adaptation et d’apprentissage (HDAA), ainsi que leur famille, au cœur du processus de collaboration intersectorielle. Plusieurs ressources gravitent autour de ces personnes. Il peut s’agir de celles des différents réseaux de l’éducation, de la santé et des services sociaux, communautaires et du travail ou de l’emploi. L’apport de ces différentes ressources est souvent méconnu des uns et des autres, ce qui peut faire en sorte que, trop souvent, les personnes HDAA et leur famille perdent beaucoup de temps à obtenir une réponse à leurs besoins souvent complexes en raison du travail en vase clos de certaines ressources. De plus, plusieurs d’entre elles se voient confrontées à des vides de services. Tous ces enjeux liés à la collaboration intersectorielle sont rarement abordés de façon conjointe. C’est ce que propose de faire le présent colloque. De plus, le fait d’inviter à participer des partenaires de divers organismes, au même moment, dans un même lieu, permettra certainement de faire émerger des pistes de solution afin de bonifier les pratiques de collaboration.
Titre du colloque :