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La confiance en soi des bibliothécaires-chercheurs : la capacité de séjourner dans l’incertitude plutôt que la maîtriser

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Bruno Fournier : Université de Montréal

Résumé de la communication

Le « problème » de la confiance en soi des bibliothécaires-chercheurs ne cesse de réapparaître comme une barrière ou un frein à la recherche. Les approches préconisées pour le résoudre s’adossent à une conception utilitariste de la recherche où celle-ci est considérée comme une tâche exigeant la maîtrise et l’application de compétences plutôt qu’un processus de transformation de soi. Le manque de confiance en soi renverrait alors à un déficit de connaissances qu’il s’agirait de combler. Mon propos consiste à proposer une approche éthique de la confiance en soi où l’incertitude n’est plus à éradiquer mais à accueillir comme condition indépassable de celle-ci. Pour de faire, les figures du sujet connaissant et agissant sont mises en tension avec celle du sujet existant.

Résumé du colloque

Notre travail interroge les pratiques d’humanisation, entendues comme ce qui humanise, rend humain, apporte de l’humanité. Elles concernent des dimensions très générales de la vie humaine (l’éducation, la socialisation, la transmission, la relation) et des activités situées (la construction éthique, les relations sociales et professionnelles, la médecine…). Certes, la notion d’humanisation peut relever du pléonasme, car toute activité humaine, y compris la plus cruelle et déréglée, est… humaine. « Chacun appelle barbarie ce qui n’est pas de son usage », rappelait Montaigne pour condamner le rejet des « autres » dans la sous-humanité.

Mais ce pléonasme apparent désigne aussi une tâche qui, peut-être, définit l’humain : tenter de réaliser une certaine idée de soi, porteuse de principes dits « humanistes », pour que les sociétés, les milieux professionnels, les relations internationales tempèrent leur violence potentielle grâce à des pratiques respectueuses de la personne. Il s’agirait par exemple d’« humaniser » la médecine ou l’économie afin que ces activités ne finissent pas, paradoxalement, par nier l’humain, comme si le meilleur ennemi de l’humain était lui-même.

Nous étudions des exemples tels que : les arts dans la formation médicale pour l’humanisation des soins et la reconnaissance des « questions existentielles »; l’expérience esthétique dans la relation thérapeutique comme reconnaissance intersubjective; le souci de politiques éducatives visant l’humanisation, et non une simple « humanitarisation » que dénonçait Freire et que les études décoloniales ne cessent de révéler; un modèle d’éducation humanisante, propre à Tim Ingold, et aligné sur l’anthropologie; la confrontation des soignants au mystère de l’Autre au moment des fins de vie; la prise en compte des inégalités sociales dans l’humanisation du travail social; l’humanisation du système carcéral par l’art et la culture; l’attention au sujet existant; l’art participatif et décolonialisé, etc.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 8 mai 2023

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