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Claudiane Coutu Arbour : Université de Montréal
Dans les dernières années, les étudiant.e.s en contexte de diversité ont su mettre de l’avant leurs préoccupations. Afin de mener à bien leur mission, plusieurs moyens ayant comme visé le progrès ont été déployés. Parmi eux, il y a la création de comités EDI (équité, diversité et inclusion) à l’intérieur de plusieurs associations étudiantes. L’AGEPEUM soutient ce mouvement en suivant l’avis de ses membres. Elle a créé en 2020 les comités suivants : comité diversité sexuelle et de genre et le comité diversité culturelle. Ces deux comités ont une mission de sensibilisation des enjeux présents vécus par les personnes en contexte EDI, auprès des étudiant.e.s et du corps professorale. Leurs actions concrètes sont de fournir un soutien aux étudiants qui en font la demande, d’informer sur les ressources existantes et de fournir un espace sécuritaire pour partager leurs vécus. Cependant, plusieurs enjeux sont apparus au cours du processus, liés à la visibilité et à la communication de la part des comités, à l’invisibilité de certains de leurs membres, à l’attraction et rétention des membres et à la relation entre le corps professoral et les étudiant.e.s, plus spécifiquement en contexte EDI. Les comités étudiants ont trouvé différentes stratégies pour faire face à ces enjeux: leur implication au développement d’un comité EDI professorale en psychoéducation, la création d’une procédure en cas de situation problématique lié à l’EDI et l’application de stratégies de recrutement variées.
Les dernières années ont été témoin d’une prolifération de politiques institutionnelles dans divers milieux, dont les milieux de l’éducation, visant à renforcer l’équité, la diversité et inclusion (EDI). Ces politiques ciblent notamment l’amélioration de la participation des personnes sous-représentées ou marginalisées dans ces milieux, en considérant leurs diverses réalités et en éliminant les obstacles et préjudices d’ordre systémique favorisant leur épanouissement (Gouvernement du Canada, 2021). Or, ces politiques sont complexes, et parfois même contestées de par l’incompréhension de certains décideurs ou intervenants des principes d’équité et des moyens à prendre pour favoriser une plus grande inclusion des personnes concernées par l’EDI (Tamtik et Guenter, 2019). De plus, l’adhésion stricte à une politique EDI ne permet pas nécessairement de confronter les structures à la source des inégalités (Scott, 2020). Si les stratégies EDI peuvent faciliter l’inclusion de personnes issues des groupes concernés dans les milieux d’enseignement, sans un changement sur le plan structurel, sans la mise en place de nouvelles pratiques institutionnelles et sans l’établissement des meilleures conditions pour soutenir ces pratiques, les inégalités sociales ne peuvent que se perpétuer; ces inégalités se nourrissant des structures qui ont contribué à la construction et au maintien des conditions ayant mené à l’exclusion des personnes. En effet, l’oppression, la discrimination et l’exclusion sont à la fois des processus et les résultats de ces processus qui se développent à travers les inégalités et les divisions sociales (Thompson, 2001). Un changement sur le plan des inégalités sociales dans les milieux de l’éducation passe donc nécessairement par un changement de pratiques permettant la confrontation de ces processus et par la reprise de pouvoir par les groupes concernés (Pullen Sansfaçon, 2013; Van Wormer, 2010), et ce, afin de favoriser l’inclusion et le plein épanouissement des personnes.
En conférence d’ouverture : Johnny Boivin
Panélistes invité.e.s : Amandine Catala (UQAM), Emanuelle Dufour (Concordia), Félix Bélanger (UdeM) et Aranzazu Recalde (Ministère de l’Éducation du Québec)
Titre du colloque :