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La culture du bien-être et la droite populiste: une alliance contre-intuitive.

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Sarah Aubin-Roy : Université Laval

Résumé de la communication

De prime abord l’alliance entre la culture du bien-être (Wellness Culture) et les idéologies de droite ne semble pas évidente. Les images qui nous viennent en tête lorsque l’on pense au bien-être sont plutôt de de paix, de méditation, de produits naturels, de yoga et d’huiles essentielles. Cependant, à la base de ces deux façons de concevoir le monde, il y a plusieurs points communs. Au cours de ces deux dernières années pandémiques, nous avons pu voir une montée des théories conspirationnistes et des mouvements anti-science au sein de la droite politique. Ce phénomène que l’on a pu observer dans plusieurs pays industrialisés a atteint un point culminant pendant des convois de la liberté qui ont occupé Ottawa pendant plusieurs semaines au début de 2021. Mis à part le discours anti-mesures sanitaires qui était véhiculé dans ces rassemblements, un courant parallèle, principalement mené par des femmes appelait à la paix et à des séances de méditation pour appuyer le combat. L’apparition d’un discours qui mélange « self-care », spiritualité et Nouvel ge n’est pas anodine dans ce mouvement.

Au cours de cette présentation j'offrirai des pistes de réponses aux questions suivantes : Qu’est-ce qui pousse les influenceurs de la culture du bien-être à adhérer à des idées de droite ? Qu’est-ce que les femmes qui participent à cette culture et qui véhiculent des théories de conspiration en retirent ?

Résumé du colloque

Le Brexit et l’élection de Donald Trump en 2016 ont eu une incidence profonde sur l’étude du populisme. Jusque-là considéré comme la chasse gardée des spécialistes de l’Amérique latine et de quelques spécialistes de l’extrême-droite en Europe de l’Ouest, le phénomène est devenu non seulement mainstream, mais il se développe également une littérature exponentielle sur sa relation avec un ensemble en lien avec d’autres phénomènes globaux, allant du climatosceptisme à la géopolitique, en passant par les mouvements antivaccins et le paramilitarisme d’extrême-droite.

Le présent colloque propose de se saisir de la question du populisme sous deux angles complémentaires parfois abordés dans la littérature. Le premier angle qui nous intéresse est le contexte de remise en question d’un exceptionnalisme canadien qui limiterait les manifestations de populismes. La thèse de l’exceptionnalisme canadien fut notamment mise de l’avant par le politologue Cas Mudde, selon qui les politiques canadiennes sur le multiculturalisme placeraient le pays à l’abri de telles mouvances. Or, du mouvement des camionneurs à aller jusqu’à l’élection de Pierre Poilievre à la tête du Parti conservateur du Canada en passant par la popularité de figures politiques comme Maxime Bernier et Éric Duhaime, il n’est plus possible de nier l’importance de formes de populismes au Canada. Nous explorerons les manifestations de cette mouvance politique à l’échelle fédérale, provinciale et municipale au pays.

Le deuxième angle est celui de la relation entre le populisme et les nationalismes ainsi que leurs transformations au Canada et au Québec. Si la littérature scientifique a souvent abordé la question de la relation du nationalisme au populisme sous un angle théorique, elle a été moins féconde en ce qui a trait à l’étude empirique de ces deux idéologies politiques. Une importante portion de ce colloque sera donc consacrée à l’étude des transformations des populismes et nationalismes au Canada et aux transformations dans la mobilisation des clôtures sociales impliquées par ces changements sociaux.


Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
Discutant-e- de la session : Mathieu Lizotte
section icon Date : 8 mai 2023

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