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La musique dans Les coqs cubains chantent à minuit de Tierno Monénembo. Entre « chromatisation musicale » du texte littéraire et expression identitaire.

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Aliou Seck : Université Cheikh-Anta-Diop

Résumé de la communication

S’il y a, aujourd’hui, lieu de faire un constat sur les nouvelles tendances esthétiques du roman africain subsaharien d’expression française, c’est bien celui de l’hétérogénéité, de l’hybridité, de l’ouverture du roman à d’autres territoires génériques, à d’autres arts et médias ayant leurs propres codes sémiotiques. Les romanciers africains contemporains, portés par une volonté de renouvellement de la pratique littéraire, donnent à lire des productions inédites à travers lesquelles il n’est pas rare de voir la musique s’inviter dans l’espace du texte. Cette féconde et subtile intrusion de la musique dans l’œuvre romanesque frappe particulièrement le lecteur des coqs cubains chantent à minuit. Il y a chez l’écrivain guinéen un parti pris d’ « intermédiatisation » de son roman, par le truchement de la musique, qui, nous semble-t-il, n’a pas suffisamment été prise en compte par la critique. Si cette pratique est observable chez d’autres auteurs comme Fatou Diome, Léonora Miano, Kangni Alem, etc. la particularité nous parait résider dans les motivations ou les enjeux qui président à ce choix scriptural qu’une approche intermédiale de ce roman pourrait d’ailleurs éclairer. Il s’agit de voir dans le cadre de cette contribution la présence de la musique dans le roman de Tierno Monénembo pour mettre en lumière ses implications sur le double plan esthétique et sémantique/idéologique.

Résumé du colloque

Ce colloque tente de revisiter l’œuvre de Tierno Monénembo, en la replaçant dans son contexte historique, social et littéraire. Docteur en biochimie, professeur en Algérie, au Maroc et aux États-Unis, et lauréat de nombreux prix littéraires (prix Renaudot, Grand prix littéraire d’Afrique noire, Grand prix de la francophonie, prix Erckmann-Chatrian, Grand prix du roman métis, Grand prix palatine et prix Ahmadou Kourouma), Tierno Monénembo est l’un des écrivains majeurs de la littérature africaine francophone contemporaine, qui font partie des romanciers de la « deuxième génération » (Dabla, 1986), et dont les textes déconstruisent les principes de la négritude, considérant la modernité culturelle africaine sous l’angle de l’ethnomodernité (Semujanga, 2015).

Caractérisée avant tout par la diversité, la transculturalité, la polyphonie des voix narratives, les relations entre divers genres et autres formes artistiques (cinéma, musique, peinture), l’œuvre du romancier guinéen aborde également d’importantes questions sociopolitiques de son temps.

Quarante-trois ans après la parution de son premier roman, quel bilan peut-on faire de la production romanesque de Tierno Monénembo? Quelles pistes nouvelles peut-on emprunter? Ce sont les questions nodales auxquelles ce colloque aimerait répondre pour rendre hommage à ce romancier de renommée internationale, à la veille de son 76e anniversaire.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 8 mai 2023

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