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La prise de parole des femmes dans le cadre des audiences publiques du BAPE : Un regard historique

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Odile Rochon : BAPE

Résumé de la communication

Notre recherche offre un portrait inédit de la prise de parole selon le genre basé sur des dizaines de milliers d’interventions orales au Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) sur plus de quatre décennies. Les données montrent que les femmes ont longtemps été sous-représentées au micro des séances publiques du BAPE et qu’aujourd’hui, malgré des progrès significatifs, la proportion de femmes qui prennent la parole demeure loin d’une forme de parité.

Cette situation a soulevé un double questionnement : Pourquoi les femmes prennent-elles moins la parole ? De quels leviers dispose une organisation de participation publique pour faciliter cette prise de parole ? L’analyse de données qualitatives internes, d’une documentation issue de la littérature sur la prise de parole ainsi que des regards et expériences d’autres organisations a permis de faire ressortir cinq déterminants de la prise de parole des femmes :

  1. La connaissance de l’organisation et de ses processus/activités
  2. Les ressources des personnes participantes
  3. Le climat social
  4. Le sentiment de légitimité
  5. Les mécanismes de prise de parole

Un ensemble de pratiques d’intérêt pour influencer ces déterminants et agir positivement sur la prise de parole des femmes ont ensuite été identifiés offrant un éventail de possibilités d’action qu’une organisation de participation publique peut, dans son contexte propre, considérer pour favoriser la prise de parole des femmes.

Résumé du colloque

En 1978, le Conseil du statut de la femme dresse un état des lieux de la situation des femmes du Québec dans son avis Pour les Québécoises : égalité et indépendance. Il y examine les causes des inégalités sexuelles et analyse les obstacles qui restreignent l’autonomie des femmes et leur pleine participation à la société. Les thèmes de la socialisation, de la santé, de la famille, du marché du travail et de l’exercice du pouvoir sont scrutés à la loupe afin de débusquer les injustices et de cibler les moyens d’y remédier. L’exercice s’appuie sur une consultation menée auprès de groupes de femmes et de comités de travail dans l’appareil gouvernemental, dans le contexte où les données sur les conditions de vie des femmes sont rares et où la recherche féministe est à l’état embryonnaire.

Aujourd’hui, le champ des études féministes s’avère prolifique. Ce foisonnement implique des chercheuses et des chercheurs de différents horizons disciplinaires dont les travaux contribuent à éclairer, sous différents angles, les réalités multiples vécues par les femmes. L’heure n’est plus à l’idée d’une condition universelle des femmes, mais à la diversité des expériences, lesquelles sont appréhendées au croisement de systèmes de discrimination qui concourent à la production et à la reproduction d’inégalités sociales fondées, par exemple, sur le genre, l’orientation sexuelle et l’ethnicité. Le colloque proposé sera l’occasion de prendre acte du panorama de connaissances théoriques et empiriques produites au regard des thématiques examinées en 1978, et de mesurer les avancées et les enjeux persistants qui forment la trame de l’atteinte de l’égalité entre les femmes et les hommes au Québec.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 8 mai 2023

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