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Myriam Villeneuve-Lapointe : Université de Sherbrooke
Le développement langagier des enfants à l’éducation préscolaire est associé au langage oral et écrit (Chambers et al., 2016; Rohde, 2015) et est soutenu par les personnes enseignantes (MEQ, 2021). L’objectif de cette communication est de présenter l’effet d’une approche inclusive qui s’appuie sur la diversité linguistique afin de soutenir le développement langagier d’enfants de maternelle 4 ans. Dans le cadre d’une recherche-action au Centre de services scolaire Marguerite-Bourgeoys, neuf enseignantes en maternelle 4 ans ont participé à un dispositif de formation et d’accompagnement sur les pratiques enseignantes en soutien à l’émergence de l’écrit . Des observations non-participantes avec l’outil Early Language and Literacy Classroom Observation (ELLCO, Smith et al., 2008) et des entretiens semi-dirigés ont permis, entre autres, de documenter l’effet de cette approche. Les résultats montrent que les enseignantes se sentent plus en confiance pour soutenir les enfants n’ayant pas le français comme langue première et valorisent davantage la langue première des enfants dans leurs interventions dans la classe pour soutenir l’émergence de l’écrit.
Depuis quelques années, on assiste à l’émergence d’un « tournant plurilingue » mondial dans différents champs de recherche (May, 2014). En éducation et en didactique des langues, ce tournant se traduit par un intérêt porté au développement d’une multicompétence langagière (Cook et Wei, 2016), ou compétence plurilingue (CECR, 2001), où l’accent est mis sur l’intégration et l’utilisation fluide et dynamique des ressources du répertoire des apprenant·es selon les besoins de communication. À cet effet, des approches pédagogiques plurilingues retiennent de plus en plus l’attention des chercheur·ses.
Les approches plurilingues peuvent par exemple inclure des activités d’éveil aux langues, qui impliquent la mise en contact avec différentes langues pour favoriser une ouverture à la diversité linguistique et les comparaisons métalinguistiques entre les langues. Ces approches englobent aussi la didactique intégrée des langues qui, par un décloisonnement des différentes langues de l’école (au Québec, l’anglais et le français), a pour but de favoriser les apprentissages langagiers. Dans la même veine, dans les pédagogies de translanguaging, qui visent à créer des espaces d’apprentissage signifiants, les apprenant·es sont encouragés à mobiliser leurs ressources langagières et soutenus dans ce processus. L’utilisation de la littérature de jeunesse et la production de textes bi/plurilingues, entre autres, constituent des pistes intéressantes pour mettre de l’avant ces approches.
Dans les milieux éducatifs, la mise en place de ces approches est modulée par les contextes sociolinguistiques (milieux pluriethniques, francophones minoritaires, anglophones québécois, etc.). Par ailleurs, l’adhésion des acteur·trices scolaires à ces approches est susceptible de dépendre de leurs représentations du plurilinguisme. Ce colloque constitue donc l’occasion d’explorer, selon des regards croisés, ces différentes questions.
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