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La révélation publique de la violence sexuelle : entre luttes historiques et mobilisations 2.0

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Sandrine Ricci : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

La révélation publique de la violence sexuelle sur les réseaux sociomédiatiques constitue aujourd’hui une stratégie de premier plan des victimes pour « briser le silence », selon l’expression consacrée. Pour celleux qui expriment des visées féministes, il s’agit aussi de s’opposer à la culture du viol, impliquant parfois d’exposer les responsables de la production de la violence sexuelle, alors que le système judiciaire et les autres instances concernées faillissent à leur tâche. Pour autant, articuler une analyse féministe, sociologique et historique de ces phénomènes invite à dépasser l’opposition de sens commun entre plainte via des canaux officiels et révélation via des canaux informels. L’objectif de cette communication est de proposer des pistes pour mieux comprendre la révélation publique de la violence sexuelle sur les réseaux sociaux. Entre témoignages sous la bannière #AgressionNonDénoncée et diffusion de listes d’agresseurs, l’angle d’approche privilégié consiste à interroger ces modes d’action pour ce qu’ils donnent à voir, sociologiquement, à commencer par la vulnérabilité structurelle des victimes et leurs capacités individuelles et collectives de reprise de pouvoir. L’exposition des torts subis et des agresseurs impunis pourrait ainsi agir comme révélateur des différents rapports de pouvoir structurant la culture du viol ainsi que de la force sociopolitique d’une analyse féministe des violences sexuelles.

Résumé du colloque

En 1978, le Conseil du statut de la femme dresse un état des lieux de la situation des femmes du Québec dans son avis Pour les Québécoises : égalité et indépendance. Il y examine les causes des inégalités sexuelles et analyse les obstacles qui restreignent l’autonomie des femmes et leur pleine participation à la société. Les thèmes de la socialisation, de la santé, de la famille, du marché du travail et de l’exercice du pouvoir sont scrutés à la loupe afin de débusquer les injustices et de cibler les moyens d’y remédier. L’exercice s’appuie sur une consultation menée auprès de groupes de femmes et de comités de travail dans l’appareil gouvernemental, dans le contexte où les données sur les conditions de vie des femmes sont rares et où la recherche féministe est à l’état embryonnaire.

Aujourd’hui, le champ des études féministes s’avère prolifique. Ce foisonnement implique des chercheuses et des chercheurs de différents horizons disciplinaires dont les travaux contribuent à éclairer, sous différents angles, les réalités multiples vécues par les femmes. L’heure n’est plus à l’idée d’une condition universelle des femmes, mais à la diversité des expériences, lesquelles sont appréhendées au croisement de systèmes de discrimination qui concourent à la production et à la reproduction d’inégalités sociales fondées, par exemple, sur le genre, l’orientation sexuelle et l’ethnicité. Le colloque proposé sera l’occasion de prendre acte du panorama de connaissances théoriques et empiriques produites au regard des thématiques examinées en 1978, et de mesurer les avancées et les enjeux persistants qui forment la trame de l’atteinte de l’égalité entre les femmes et les hommes au Québec.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 8 mai 2023

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