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Claudine Sauvageau : Université de Montréal
Plusieurs travaux montrent que l’oral réflexif contribue à une connaissance en profondeur des concepts par la coconstruction des savoirs (Chabanne et Bucheton, 2002; Hébert et Lafontaine, 2012). Fondée sur ce principe, notre étude a documenté la mise en œuvre de discussions lexicales réflexives entre élèves du 1er cycle du primaire pour favoriser l’apprentissage en profondeur de vocabulaire ciblé. Cette avenue novatrice en recherche a néanmoins suscité des remises en question chez les enseignantes, qui s’appropriaient la posture d’étayage nécessaire pour faciliter l’oral réflexif dans les discussions lexicales entre élèves.
Pour soutenir cette appropriation, la chercheuse a accompagné les enseignantes en cours de projet. De là, la vidéoscopie (Maubant et al., 2005) s’est imposée pour analyser les gestes professionnels et les actes de parole posés dans une visée d’étayage auprès des élèves. Les diverses données recueillies au moyen de vidéos, de journaux de bord et d’entretiens menés auprès des enseignantes font ressortir les avantages et les limites de la vidéoscopie comme pratique d’accompagnement pour développer la posture d’étayage en oral réflexif, ce que cette communication vise précisément à présenter.
Sous cet angle, nous montrerons notamment que l’analyse des gestes professionnels et des actes de parole au moyen de la vidéoscopie peut agir sur le développement professionnel des enseignantes en oral réflexif et sur le transfert des pratiques dans d’autres contextes.
Au cours des deux dernières décennies, la didactique de l’oral a été le théâtre d’une multiplication de travaux sur les pratiques d’enseignement et d’évaluation de l’oral et sur les dispositifs permettant de soutenir ces dernières. Ces études ont permis de mettre en lumière une tendance préoccupante : la communication orale, bien que légitimée comme compétence de la discipline français, est généralement soutenue par des pratiques peu nombreuses et peu diversifiées. Aussi importe-t-il de remettre en question les façons de faire traditionnelles, tant sur le terrain que dans la recherche, et d’envisager de nouvelles avenues pour développer les pratiques de classe et l’expertise scientifique ainsi que pour bonifier la formation initiale et continue en didactique de l’oral.
Cette année, les participants au colloque sont donc invités à se pencher sur l’état des recherches en formation à la communication orale, tant au secteur jeune qu’en formation initiale et continue. L’événement permet notamment d’aborder les avancées dans l’apprentissage et l’enseignement de la communication orale, les apports des technologies pour la formation à l’oral, la question du développement global de l’enfant, celle de la communication scolaire et extrascolaire ainsi que celle de l’oral dans la langue première comme dans la langue seconde. La compréhension des enjeux de la formation à l’oral est en constante évolution et le besoin des formateurs et des chercheurs d’envisager de nouvelles voies à exploiter dans ce domaine apparaît comme une nécessité. Le colloque permet donc une réflexion commune des chercheurs qui s’intéressent au sujet.
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