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L’accès à l’avortement au Canada, un droit inégal? Le cas du Nouveau-Brunswick

JG

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Julie Gillet : Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick

Résumé de la communication

En vertu de la Loi canadienne sur la santé, les services d’avortement sont disponibles dans toutes les provinces et tous les territoires. Néanmoins, pour les personnes vivant en dehors des grands centres urbains comme Toronto, Montréal et Vancouver, accéder à cette procédure demeure compliqué. Dans de nombreuses provinces, il est quasiment impossible d’obtenir un avortement en région rurale, et les obstacles économiques liés aux déplacements sont difficilement surmontables pour bien des personnes.

Au Nouveau-Brunswick, les barrières législatives, géographiques, financières, mais aussi linguistiques – les services en français étant encore moins accessibles dans les délais impartis que les services en anglais –, sont nombreuses. L’avortement demeure un sujet extrêmement stigmatisé, particulièrement pour les jeunes femmes et les minorités de genre. Aux côtés d’autres organismes, et dans une logique de justice reproductive et d’aplanissement des inégalités, le Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick se bat depuis de longues années pour surmonter ces obstacles. Lors de cette présentation nous brosserons un portrait plus précis de la situation et réfléchirons aux actions à mettre en place pour faire évoluer la situation.

Résumé du colloque

Les violences obstétricales, gynécologiques et reproductives (VOGR) sont loin d’être marginales. Qu’elles se produisent dans un service de santé ou dans une relation intime, elles constituent une entrave à l’intégrité corporelle ainsi qu’à l’autonomie reproductive et décisionnelle de celles qui les subissent. On pense ici à des gestes médicaux imposés lors d’examens gynécologiques ou pendant un accouchement ou encore à la pression exercée sur des femmes pour qu’elles deviennent enceintes. Les VOGR renvoient à des comportements ou des paroles qui ne tiennent pas compte du consentement de la personne qui en est victime, et ce, à l’intérieur de rapports de force, de domination et de coercition. Or, les VOGR restent encore peu documentées (Grace et Anderson, 2018; Sutton et Knight, 2020). Les connaissances récentes émergent de la rencontre des savoirs universitaires, pratiques, expérientiels et militants afin de mieux comprendre les contextes, formes et conséquences inhérentes aux VOGR (Rozée et Schantz, 2021).

Dans le cadre du colloque, une exploration de l’historiographie des VOGR permettra de situer les savoirs existants et de visibiliser les différents mouvements féministes qui ont contribué à la reconnaissance des VOGR. Par la suite, des réflexions s’inscrivant dans une approche féministe et intersectionnelle des VOGR permettront d’amplifier les voix des personnes ciblées par des systèmes d’oppression contribuant à l’expression disproportionnée et spécifique de ces violences. On peut évoquer ici l’imbrication du colonialisme et du sexisme en lien avec la stérilisation imposée aux femmes autochtones (Basile et Bouchard, 2022) ou encore celle du racisme et du sexisme quant au manque de soutien et de considération que peuvent vivre les femmes noires et racisées à l’intérieur des services de santé reproductive (Vedam et al., 2019). À cela s’ajoutent notamment des discriminations basées sur la classe sociale ou le capacitisme qui exposent aussi les femmes pauvres ou en situation de handicap à ce genre de violences (Morin-Aubut, 2020). Enfin, on s’intéressera aux pratiques prometteuses et aux actions à mobiliser pour lutter efficacement contre les VOGR. Entre prévention, formation et soutien, plusieurs pistes seront partagées et discutées.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 8 mai 2023

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