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Tegwen Gadais : UQAM - Université du Québec à Montréal
Depuis le début de la pandémie, la santé mentale des jeunes s’est dégradée de manière alarmante. Plusieurs experts s’entendent pour dire que les adolescents ont été laissés pour compte dans les mesures de santé publique. Ces mesures sont très centrées sur une vision biologique de la crise, sans trop d’égards à la santé mentale et aux besoins de liens sociaux. Il s’agit pourtant d’un besoin fondamental de l’être humain pour son bon développement mais également pour le maintien de sa santé sous tous les aspects (physique, mentale, sociale)
Dans un contexte de déficit de lien social qui ne peut être réduit au simple virtuel que nous souhaitons mettre en exergue l’importance de l’activité physique (AP), via l’éducation physique ou le sport pratiqué seul ou en groupe.
En effet, l’AP ne se résume pas à une dépense énergétique et métabolique. L’AP notamment pratiquée en EPS aident non seulement la santé physique, mais aussi le bien-être psychologique des jeunes, et notamment le besoin de socialiser. Les AP de groupe offrent des expériences partagées et ludiques qui favorisent les liens sociaux tout en améliorant le sentiment de compétence et l’adoption de saines habitudes de vie, qui sont essentiels à une bonne santé mentale. L’AP pouvait, sous certaines conditions, créer des liens sociaux significatifs entre les jeunes. Pour ce faire, l’AP ne peut se limiter à une pratique solitaire ou à une bulle familiale, comme cela a été le cas pendant la pandémie de covid19 au Canada.
À partir d'un colloque sur les transformations pandémiques du travail (2022), nous poursuivons notre réflexion critique, en ciblant particulièrement ici les pratiques sociales et les usages numériques liés aux transformations pandémiques dans certains champs interventionnels du travail: le travail social, scolaire et pédagogique, ainsi que l'éducation populaire et la sensibilisation communautaire. Bien qu'ils s'imposent, ces usages et pratiques ne posent pas moins de questions et interrogent notamment des pratiques professionnelles, dans l'intervention comme dans la recherche. Ainsi les apprentissages numériques accélérés dans les écoles et les foyers n'ont pas toujours été dûment accompagnés et la durabilité de ces savoirs et pratiques relance la question de la formation des enseignant.e.s et parents au numérique, celle de l'accompagnement à distance des élèves et adultes les entourant, et celle des approches critiques du numérique en éducation. Certaines représentations guidant la transformation de ces pratiques sociales et approches éducatives méritent tout autant l'attention des chercheur.e.s que celle des professionnel.le.s de l'intervention. Il s'agira d'examiner dans quelle mesure ces usages numériques et pratiques sociales nouvelles pourraient gagner à intégrer les approches des sciences participatives (application mobile sensibilisant à des réalités environnementales), des sciences ouvertes (Open Sciences/Sources) et des Communs. L'intégration de ces sciences et approches à notre réflexion d'ensemble nous amènera sans doute à mieux prendre en compte et en considération les enjeux actuels du bien-être numérique et de la déconnexion en travail hybride. À partir de là, nous verrons comment favoriser avec plus d'équité la participation numérique et socionumérique d'adultes en apprentissage, en formation ou en requalification professionnelle, d'aîné.e.s et de jeunes issu.e.s de famille modeste et en milieu communautaire (associatif), ainsi que d'élèves de milieu scolaire en situation socioéconomique similaire. Nous serons enfin amenés à réfléchir à la mutualisation des ressources et des savoirs, à leur émergence et à leur fabrique, ainsi qu'à l'adaptation, l'ouverture et l'humilité épistémiques (Medina, 2013) du sujet situé, qu'il s'agisse aussi bien d'une personne dans l'intervention que dans la recherche. Pour ce qui est de la recherche, le libre accès aux données n'appelle-t-il pas une réflexion plus approfondie et plus plurielle/concertée sur le matériel et sur les infrastructures de recherche? Dans quelle mesure la recherche appartient-elle actuellement à toutes les personnes qui la produisent, et la durabilité des savoirs ne tient-elle pas d'abord à leur pleine et entière inclusion? Concernant les milieux d'intervention et de pratique (travail social et communautaire, éducation inclusive et (psycho)pédagogie), comment mieux faire émerger, valider et partager les savoirs des intervenant.e.s dans les milieux de recherche et de formation?
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