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Le rôle de la pratique artistique dans la transformation des imaginaires. Écueils et opportunités

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Alexis Curodeau-Codère : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

L’objectif de la recherche est de comprendre le potentiel de la pratique artistique dans une transition socioécologique (TSE) en contexte urbain et dans l’évolution des valeurs et imaginaires environnementaux et, à cette fin, identifier quels types d’interventions artistiques sont ils porteurs du plus grand potentiel transformatif.
Le coeur de ce projet consiste en l’analyse critique des plus récentes publications relatives à la pratique artistique dite écoactiviste, à l'aune de celles concernant les valeurs environnementales, la justice environnementale et épistémique, et la TSE. Grâce à une revue de la littérature scientifique, une analyse de cas de précédents artistiques au Québec et en occident et grâce à une série d’entrevues réalisées auprès d’acteurs du secteur culturel montréalais, l’investigation se penche sur la pratique artistique à deux échelles : individuelle et municipale. Il est pour l’instant possible de postuler que ce projet nous permettra d’identifier des catégories et axes d’interventions à prioriser par les acteurs du secteur culturel qui cherchent à participer à une transition socioécologique en travaillant à mettre en lumière de nouveaux imaginaires.
Ce travail de recherche permettra, d’une part, de produire un rapport synthèse destiné au Campus de la transition écologique, de soumettre des recommandations destinées au Campus et ses partenaires, mais aussi de proposer des avenues de recherches pertinentes.

Résumé du colloque

La capacité, voire la légitimité, de notre monde à durer est mise à l’épreuve, autant par son insoutenabilité écologique que par l’ampleur de ses injustices sociales. L’importance de ces défis génère des tensions et une polarisation politiques croissantes qui interrogent le rôle des savoirs dans nos choix pour notre avenir commun. Pour construire d’autres horizons politiques pour ce XXIe siècle déjà mal engagé, quels savoirs est-il nécessaire de reconnaître, de construire, de mobiliser, et comment ?

Cette question invite d’abord à considérer les concepts mobilisés pour penser des avenirs souhaitables que l’on parle aujourd’hui de transition, de décroissance, de postdéveloppement, de buen vivir, de sobriété, de communs, de justice sociale, environnementale et épistémique, etc. Quels usages analytiques, mais aussi quelles mises en pratique militantes et organisationnelles ? Quelles oppositions et quelles articulations entre ces différents termes, mais aussi avec des contre-discours de plus en plus sonores (des utopies technocentristes à la multiplication des régimes antidémocratiques) ? Comment cela se concrétise-t-il sur et avec le territoire, notamment avec ses multiples acteurs à la recherche d’un plus grand pouvoir d’agir local ? Quels rôles pour les politiques sociales et quels nouveaux arrangements entre mouvements sociaux et citoyens, économie sociale et solidaire, philanthropie et État ? Dans quelle mesure ces débats résonnent-ils dans les milieux de travail, tant sur le plan des pratiques de gestion que des mobilisations collectives et de l’évolution de la qualité de l’emploi ? Comment cela s’opère-t-il dans la mise en organisation de la justice sociale, environnementale et épistémique ? Sous quelles formes organisationnelles et de quelles manières de s’organiser ?

Notre question exige aussi d’interroger les modes de construction des savoirs. Quel renouvellement des épistémologies face aux crises sociétales ? Quelle refondation des universités et des institutions productrices de savoir pour ouvrir de nouveaux horizons ? Quel rôle pour la société civile, notamment les personnes les plus marginalisées, dans la coconstruction des connaissances et la coproduction des actions collectives et des politiques publiques ? Quels savoirs oubliés, marginalisés ou invisibilisés à reconnaître ? Quel arbitrage entre défense de la science pour orienter décisions politiques et dérives épistocratiques (le règne des experts), aux dépens de la démocratie ?

Notre colloque sera l’occasion de travailler sur l’articulation entre l’émergence de nouveaux savoirs (ou la reconnaissance de savoirs déjà disponibles, mais invisibilisés) et la transformation sociale. Il s’agira d’interroger la contribution des savoirs à des transformations sociales, mais aussi de voir dans quelle mesure l’avènement d’un nouveau monde (sous ses paramètres sociaux, environnementaux, économiques, etc.) produit de nouveaux imaginaires, de nouvelles exigences épistémologiques ou de nouveaux outils cognitifs.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 8 mai 2023

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