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Isabelle Vivegnis : Université de Montréal
Une large part de la formation à l’enseignement au Québec est réservée à la formation en milieu de pratique, soulignant la contribution importante du formateur de terrain qu’est l’enseignant associé (EA) (Gagné, 2019). Ses responsabilités sont nombreuses tout comme les exigences à son égard (Portelance et al., 2008), lesquelles dépassent la seule expérience en enseignement. L’accompagnement offert au stagiaire aura une incidence sur la formation et le développement professionnel du futur enseignant (Chaliès et al., 2004; Monfette et Grenier, 2014), d’où l’importance de s’y attarder. Dans le cadre d’une recherche sur l’accompagnement en contexte de stage, six dyades d’enseignants associés et leurs stagiaires ont produit trois captations vidéo. De ces captations vidéo, les 188 extraits approfondis et discutés (Rix et Lièvre, 2005) avec les EA donnent à voir les postures d’accompagnement adoptées lors des échanges avec leurs stagiaires (Vivegnis et Provencher, sous presse). Au-delà d’avoir permis à l’EA d’expliciter son agir professionnel, l’autoconfrontation fait apparaître des effets inattendus dont une compétence réflexive témoignant d’une forme de professionnalité comme formateur (Coen, 2006; Monney, 2022). Ce sont précisément les processus réflexifs (Derobertmasure et Dehon, 2012) reliés à l’autoconfrontation que nous souhaitons éclairer dans cette contribution, ce qui les provoque et les transformations qu'elles semblent annoncer chez le(s) praticien(s).
Il existe plusieurs manières d’entrevoir la genèse du développement professionnel. Ce dernier peut être vu comme une pièce en trois actes, allant de la formation initiale à la formation continue en passant par l’insertion professionnelle (Mukamurera, 2014). Par ailleurs, les occasions de développement professionnel continu sont nombreuses pour les (futur·e·s) professionnel·le·s : communautés de pratique, communautés d’apprentissage, partage d’expertise, groupes de codéveloppement professionnel, accompagnement par des conseillers pédagogiques, des directions d’établissement, des pairs expérimentés, participation à des recherches collaboratives, implication dans les débats en éducation, etc. (Gaudreau et al., 2021). Ces occasions de développement peuvent être soutenues par des dispositifs d’analyse de pratiques avec différentes visées et dans différents contextes. De tels dispositifs permettent une distanciation par rapport à l’action en sollicitant la réflexivité des acteurs, dont les effets sont plus ou moins conscientisés. Ces dispositifs ont pour principale fonction d’atteindre une meilleure compréhension des pratiques (Wittorski, 2018). D’autres dispositifs peuvent être mobilisés dans le but d’améliorer les pratiques, notamment dans le cadre de recherches-action ou de recherches-formation. Ils ont alors pour fonction de favoriser la transformation des pratiques ou encore d’accroître la professionnalité (Jorro, 2011). Seulement, « comment des dispositifs d’analyse de pratiques permettent-ils de poursuivre une démarche de développement professionnel continu »? Telle est la question qui ouvre notre colloque et à laquelle nous tentons de répondre. Plus spécifiquement, nous examinons les visées des dispositifs d’analyse de pratiques, les formes que ceux-ci peuvent prendre et les retombées sur les professionnels qui les utilisent ou les font vivre dans les différents moments du continuum de développement professionnel.
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