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Jessica Saada : Commission scolaire Riverside
Dans certains milieux scolaires, les premiers pas collectifs vers le travail incontournable lié à la diversité, à l’équité et à l’inclusion semblent réactifs et impulsifs. Un faux-pas, une bavure et les divers acteurs tentent de se mobiliser pour rapidement s’ajuster, corriger le tir. La pression à réagir est forte, mais avons-nous ce dont nous avons besoin pour agir? Pouvons-nous vraiment comprendre, apprendre et participer à une réelle transformation si nous sommes figés dans l’urgence? Et qu’en est-il des milieux qui ne se sentent pas directement interpellés par la conversation sur l’équité et l’inclusion, ceux qui ont une compréhension erronée de la diversité, ou qui n’ont pas été confrontés à un incident? Qui s’assoit à la table, qui peut s’y assoir, qui doit s’y assoir, et pourquoi? L’équité, la diversité et l’inclusion ne sont pas des cases à cocher. Ils exigent une réflexion profonde sur soi, sur les personnes que nous côtoyons, sur ceux dont nous avons la charge, sur le monde qui nous entoure et dont nous faisons partie. Cette communication porte sur des expériences concrètes, des initiatives dont le but était de donner sa juste place à la réflexion dans nos milieux scolaires, là où l’urgence quotidienne, très réelle, peut facilement éclipser le travail en profondeur que nous devons effectuer sur l’équité, la diversité et l’inclusion.
Les dernières années ont été témoin d’une prolifération de politiques institutionnelles dans divers milieux, dont les milieux de l’éducation, visant à renforcer l’équité, la diversité et inclusion (EDI). Ces politiques ciblent notamment l’amélioration de la participation des personnes sous-représentées ou marginalisées dans ces milieux, en considérant leurs diverses réalités et en éliminant les obstacles et préjudices d’ordre systémique favorisant leur épanouissement (Gouvernement du Canada, 2021). Or, ces politiques sont complexes, et parfois même contestées de par l’incompréhension de certains décideurs ou intervenants des principes d’équité et des moyens à prendre pour favoriser une plus grande inclusion des personnes concernées par l’EDI (Tamtik et Guenter, 2019). De plus, l’adhésion stricte à une politique EDI ne permet pas nécessairement de confronter les structures à la source des inégalités (Scott, 2020). Si les stratégies EDI peuvent faciliter l’inclusion de personnes issues des groupes concernés dans les milieux d’enseignement, sans un changement sur le plan structurel, sans la mise en place de nouvelles pratiques institutionnelles et sans l’établissement des meilleures conditions pour soutenir ces pratiques, les inégalités sociales ne peuvent que se perpétuer; ces inégalités se nourrissant des structures qui ont contribué à la construction et au maintien des conditions ayant mené à l’exclusion des personnes. En effet, l’oppression, la discrimination et l’exclusion sont à la fois des processus et les résultats de ces processus qui se développent à travers les inégalités et les divisions sociales (Thompson, 2001). Un changement sur le plan des inégalités sociales dans les milieux de l’éducation passe donc nécessairement par un changement de pratiques permettant la confrontation de ces processus et par la reprise de pouvoir par les groupes concernés (Pullen Sansfaçon, 2013; Van Wormer, 2010), et ce, afin de favoriser l’inclusion et le plein épanouissement des personnes.
En conférence d’ouverture : Johnny Boivin
Panélistes invité.e.s : Amandine Catala (UQAM), Emanuelle Dufour (Concordia), Félix Bélanger (UdeM) et Aranzazu Recalde (Ministère de l’Éducation du Québec)
Titre du colloque :