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Audrey-Anne Laguë : UQAM - Université du Québec à Montréal
La classe de langue additionnelle reste un espace largement monolingue en dépit du virage plurilingue des théories et des recherches sur le sujet depuis plusieurs années. Des recherches avec des enseignants en service et en formation démontrent que les enseignants québécois restent dubitatifs quant à l’utilisation d’autres langues que la langue cible en classe (Payant et Bell, 2022; Paquet et Woll, 2021). Toutefois, l’évolution des croyances et réalités à l’égard des approches plurilingues dans la formation initiale n’a jamais, à notre connaissance, fait l’objet de recherches, même si l’on sait que la formation est un vecteur de changement pour certaines croyances en enseignement (Cabré Rocafort, 2019; Woll, 2020). L’objectif de cette étude est de comprendre le développement des croyances et pratiques de futurs enseignants de langues additionnelles inscrits dans un programme de formation de premier cycle sur l'utilisation du répertoire linguistique entier des élèves dans le cadre de cours de langues additionnelles. Des futurs enseignants de langues additionnelles de premier cycle seront sondés par l’intermédiaire d’un questionnaire dans le cadre d’un devis transversal longitudinal, ce qui nous donnera une meilleure idée de l’évolution de leurs croyances et pratiques de la première à la quatrième année universitaire. Les résultats nous permettront de découvrir dans quelle mesure la formation initiale exerce une influence sur leur position quant aux approches plurilingues.
Depuis quelques années, on assiste à l’émergence d’un « tournant plurilingue » mondial dans différents champs de recherche (May, 2014). En éducation et en didactique des langues, ce tournant se traduit par un intérêt porté au développement d’une multicompétence langagière (Cook et Wei, 2016), ou compétence plurilingue (CECR, 2001), où l’accent est mis sur l’intégration et l’utilisation fluide et dynamique des ressources du répertoire des apprenant·es selon les besoins de communication. À cet effet, des approches pédagogiques plurilingues retiennent de plus en plus l’attention des chercheur·ses.
Les approches plurilingues peuvent par exemple inclure des activités d’éveil aux langues, qui impliquent la mise en contact avec différentes langues pour favoriser une ouverture à la diversité linguistique et les comparaisons métalinguistiques entre les langues. Ces approches englobent aussi la didactique intégrée des langues qui, par un décloisonnement des différentes langues de l’école (au Québec, l’anglais et le français), a pour but de favoriser les apprentissages langagiers. Dans la même veine, dans les pédagogies de translanguaging, qui visent à créer des espaces d’apprentissage signifiants, les apprenant·es sont encouragés à mobiliser leurs ressources langagières et soutenus dans ce processus. L’utilisation de la littérature de jeunesse et la production de textes bi/plurilingues, entre autres, constituent des pistes intéressantes pour mettre de l’avant ces approches.
Dans les milieux éducatifs, la mise en place de ces approches est modulée par les contextes sociolinguistiques (milieux pluriethniques, francophones minoritaires, anglophones québécois, etc.). Par ailleurs, l’adhésion des acteur·trices scolaires à ces approches est susceptible de dépendre de leurs représentations du plurilinguisme. Ce colloque constitue donc l’occasion d’explorer, selon des regards croisés, ces différentes questions.
Titre du colloque :