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Marie-Marthe Cousineau : Université de Montréal
Alors que leurs proches sont souvent les premières et parfois même les seules personnes auxquelles les femmes victimes de violence conjugale demandent de l’aide (Goodkind et coll., 2003 ; Goodman et coll., 2005 ; Levendosky et coll., 2004 ; Mancini et coll., 2006 ; Rose et coll., 2000), la majorité d’entre elles se voient confrontées à des réactions qu’elles considèrent négatives lorsqu’elles se confient (Trotter et Allen, 2009; Nolet et coll., 2020). Les raisons pour lesquelles les proches réagissent négativement ou inadéquatement, du point de vue des victimes, sont nécessairement complexes et ont fait l’objet de peu d’études. Afin de combler ce manque, une recherche a récemment amorcée visant à mieux comprendre l’expérience et les besoins des proches dans le but, ultimement, de développer un outil d’intervention s’adressant à ceux-ci. Cette présentation s’inscrit dans la première phase du projet, qui consiste à réaliser un sondage web auprès de membres de l’entourage de femmes victimes de violence conjugale. Les premiers résultats sont présentés et discutés en lien avec la recension d’écrits sur le sujet et plus largement les connaissances développées sur la violence conjugale ou la violence dans les relations intimes.
Les violences faites aux filles et aux femmes (VFFF) constituent un problème social et de santé publique majeur, reconnu internationalement, qui demeure aujourd’hui au cœur des préoccupations militantes, universitaires et gouvernementales. Beaucoup d’efforts ont été faits ces dernières années pour les rendre plus visibles. Les différentes vagues de dénonciation #MoiAussi ont grandement contribué à leur dénonciation publique. Les militantes et les intervenantes féministes font entendre leur voix depuis les années 1970, mais aujourd’hui, autant le milieu de la recherche que celui des médias s’intéressent à cette problématique.
Ce colloque s’inscrit dans la programmation de SAS-Femmes, un collectif interdisciplinaire, intersectoriel et intersectionnel de recherches et d’actions qui vise à assurer la sécurité, l’autonomie et la santé de toutes les femmes, et plus spécialement celles victimes de violences, quelles qu’elles soient. Les recherches menées dans le cadre de SAS-Femmes sont entièrement réalisées en partenariat avec des milieux de pratique. Ce type de recherche permet de décloisonner les savoirs et de générer des productions théoriques, empiriques et pratiques proches des réalités des personnes concernées par la question des VFFF et préoccupées par les solutions à apporter en vue de prévenir ces violences ou, le cas échéant, intervenir correctement auprès de celles qui en sont victimes et en vivent les conséquences.
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