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Christchna Pierre : Université de Montréal
L’activité de réseautage que nous proposons a pour titre « Les cerveaux se rencontrent ». Cette activité est inspirée du concept de speed dating et a pour objectif de permettre aux participant.e.s de discuter, de créer des liens professionnels et d’acquérir de nouvelles connaissances autour du sujet du soutien aux étudiant.e.s issu.e.s de groupes marginalisés. Ainsi, deux questions seront posées afin de susciter les discussions entre les participant.e.s, et iels auront l’option de choisir l’une ou l’autre des questions. Les questions sont les suivantes : 1.1) quelles sont les initiatives pour faire face au racisme et à la discrimination dans les universités dont vous connaissez l’existence, et 1.2) qu’est-ce qui fonctionne et ne fonctionne pas de ces initiatives? 2) quelles initiatives devraient exister dans les universités pour contrer le racisme et la discrimination?
Les participant.e.s auront quelques minutes pour répondre aux questions individuellement avant de partager leurs idées dans une série de « séances de rencontres » où iels pourront à la fois partager leurs réponses et recevoir de la rétroaction et donner leur point de vue sur les idées des autres. Chaque séance durera 6 minutes.
Les parcours universitaires sont évalués à partir de l’acquisition de différents savoirs, y compris notamment le savoir-être. Plus spécifiquement, les étudiant·e·s en relation d’aide, comme le travail social, reçoivent une formation à une compréhension des problèmes sociaux, économiques et politiques ainsi que des enjeux impliquant des populations vulnérables auprès desquelles il faut intervenir. Ces étudiant·e·s sont, de fait, devant des situations complexes où s’inscrivent détresse et souffrances. Parallèlement à ce contexte d’intervention, au sein même de leur apprentissage, des personnes de diverses identités de genre ou racisés vivent des situations de discrimination ou d’altérité. Notamment, nous avons des préoccupations croissantes concernant les inégalités raciales et ethniques dans les expériences et les résultats de certaines d’entre elles. Pour les universités, il semble urgent de veiller à ce que tout le monde soit conscient de l’existence du racisme, qu’il s’agisse de formes explicites, implicites ou subtiles de préjugés ou de discrimination. Dans cette perspective, il est important d’utiliser des exemples, des scénarios ou même des démonstrations visuelles pour plus de clarté (Wong et al., 2021) afin d’outiller les étudiant·e·s, particulièrement les personnes en relation d’aide, pour qu’elles terminent leur diplôme tout en les incitant à la collaboration et à l’interaction respectueuse, du point de vue antiraciste et anti-oppressif. Ceci, également pour les préparer au terrain afin de ne pas s’épuiser. Elles seront plus en mesure de travailler en collaboration et interaction respectueuses par une mise en pratique de rapports anti-racistes et anti-oppressifs.
Ce colloque constitue l’occasion de prendre un temps d’arrêt pour partager des points de vue à propos des mécanismes systémiques et structurels discriminants, et des possibilités de changement par le développement d’initiatives favorisant le rapprochement et la réflexivité au sein de l’université, un sujet peu exploré.
De ce fait, plusieurs membres du corps professoral de l’École de travail social de l’Université de Montréal ont mis en place des initiatives et des projets pour et avec des étudiant·e·s afin de mieux répondre à leurs besoins. Par ailleurs, d’autres universités ont également créé des espaces de soutien pour les Noir·e·s (McGill) et des projets autour du racisme (UQAM). Le présent colloque veut consolider ces initiatives afin de favoriser la réussite de chacun et chacune, quelles que soient leurs multiples identités. Il part du principe que l’introspection et la posture critique ainsi que la collaboration interuniversitaire entre enseignant·e·s et étudiant·e·s sont nécessaires pour soutenir leur réussite, laquelle est mise à mal par des expériences désagréables.