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Les constructions à verbe support du type fugam facere, “fuir” dans le corpus littéraire latin classique : entre permanence et variations, diachronie et diaphasie

DL

Membre a labase

Dominique Longrée : Université de Liège

Résumé de la communication

Le corpus littéraire latin classique présente de nombreuses occurrences de phrasèmes regroupés sous la nom de « constructions à verbe support » : ces phrasèmes sont constitués d’un nom abstrait, généralement verbal, du type fugam, « la fuite » ou uerbum, « la parole » et d’un verbe à sémantisme faible tes que ago « mener », do « donner », gero « porter », facio « faire », fero « porter », gero « mener », habeo « avoir ». Pour un même nom, plusieurs verbes peuvent entrer en concurrence : ainsi fugam se combine tant avec facio « faire » que capio « prendre » ou habeo « avoir », avec le sens général de « prendre la fuite ». Ces verbes à sémantisme faible sont parfois remplacés par des verbes sémantiquement plus chargés, par exemple fugam festinare « se hâter de fuir ». En outre, une concurrence peut exister avec un verbe simple de sens proche tel que fugio « fuir ». Diverses études se sont intéressées aux paramètres pouvant conditionner ces variations, en particulier aux valeurs aspectuelles liées au sémantisme verbal : ago serait duratif, facio sponctuel, gero terminatif ou fero ingressif. En recourant aux bases textuelles du LASLA (Laboratoire d’Analyse Statistique des Langues Anciennes de l’Université de Liège) exploitables grâce au logiciel Hyperbase, l’étude tentera, à partir de quelques études de cas, de déterminer dans quelle mesure ces variations peuvent également être mises en relation avec la diachronie, les genres littéraires ou des idiolectes des auteurs.

Résumé du colloque

Les phraséologismes (aussi appelés unités phraséologiques ou phrasèmes) sont des séquences :
– polylexicales, c’est-à-dire qu’elles sont formées d’au moins deux unités utilisées, avec une certaine récurrence, en contiguïté ou à proximité dans les textes (p. ex. au Québec, coûter une beurrée, en France et en Suisse, coûter bonbon, en Belgique, coûter un os; Lamiroy et al., 2010, p. 33-34);
– préfabriquées d’un point de vue cognitif. Il y a mémorisation « connectée » des unités figurant dans leur signifiant;
– contraintes sur le plan paradigmatique. Les unités en présence ne commutent pas librement avec d’autres unités de sens proche (p. ex. : *coûter une tranche). D’autres contraintes peuvent s’ajouter, notamment d’ordre syntaxique (p. ex. : impossibilité de passiver, d’introduire une négation) et pragmatique (p. ex. : l’affiche apportez votre vin sera placée bien en vue à l’entrée d’un restaurant au Québec).

La vaste classe des phraséologismes n’est pas unifiée. À titre indicatif, Iordanskaja et Mel’čuk (2017) proposent une typologie des phrasèmes qui compte, à son extrémité inférieure, 10 sous-classes aux propriétés sémantico-pragmatiques clairement délimitées (cf. locutions fortes, semi-locutions, locutions faibles, collocations standard, collocations non standard, nominèmes, pseudo-nominèmes, termèmes, formulèmes, sentencèmes).

Le colloque est l’occasion de réfléchir aux phraséologismes, dans toute leur complexité, en établissant un lien explicite avec la problématique de la variation, de l’innovation et du changement linguistique – en français ou dans une autre langue. Cette problématique, centrale dans les annales linguistiques depuis plusieurs décennies, est demeurée dans le champ de vision périphérique des phraséologues – du moins des phraséologues spécialistes du français – à l’exception de quelques cas notables (p. ex. : Lamiroy et al., 2010 et Lamiroy, 2020 sur les expressions verbales de la francophonie; voir aussi Cahiers de lexicologie, no 116, 2020).

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 8 mai 2023

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