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Eve-Lyne Leclerc : UQAR - Université du Québec à Rimouski
Selon Levin (2015), les pratiques enseignantes sont guidées par les croyances des enseignants. Par contre, ces croyances ne s’arriment pas toujours aux connaissances scientifiques (Arnett et Mady, 2018; Howard et al., 2021; Lucas et al., 2015). Cette incohérence peut compromettre les apprentissages des élèves (Kiely et al., 2015) et influencer leur réussite scolaire, surtout quand il s’agit d’élèves provenant de groupes marginalisés comme ceux issus de l’immigration (Lucas et al., 2015). Comme bien des régions, le Bas-St-Laurent se diversifie, avec 78 écoles sur 85 comptant des élèves issus de l’immigration (Borri-Anadon et Hirsch, 2021). À ces élèves s’ajoutent ceux utilisant plus d’une langue dans leur quotidien, sans toutefois être issus de l’immigration. En parallèle, le taux d’élèves HDAA augmente dans toute la province (BDSOQ, 2021). En conséquence, les enseignants sont probablement amenés vers une nouvelle réalité, celle d’enseigner à des élèves HDAA bilingues. Or, très peu de connaissances scientifiques sont disponibles pour cette population. Il convient donc de se demander : « Quelles sont les croyances des enseignants à l’égard des EHDAA bilingues ? ». Au cours de cette présentation, les concepts de croyances, de bilinguisme et d’EHDAA seront d’abord définis. Ensuite, les résultats de l’analyse thématique de cette recherche qualitative effectuée à l’aide d’entretiens semi-dirigés auprès d’une dizaine d’enseignants du Bas-St-Laurent seront présentés et discutés.
Depuis quelques années, on assiste à l’émergence d’un « tournant plurilingue » mondial dans différents champs de recherche (May, 2014). En éducation et en didactique des langues, ce tournant se traduit par un intérêt porté au développement d’une multicompétence langagière (Cook et Wei, 2016), ou compétence plurilingue (CECR, 2001), où l’accent est mis sur l’intégration et l’utilisation fluide et dynamique des ressources du répertoire des apprenant·es selon les besoins de communication. À cet effet, des approches pédagogiques plurilingues retiennent de plus en plus l’attention des chercheur·ses.
Les approches plurilingues peuvent par exemple inclure des activités d’éveil aux langues, qui impliquent la mise en contact avec différentes langues pour favoriser une ouverture à la diversité linguistique et les comparaisons métalinguistiques entre les langues. Ces approches englobent aussi la didactique intégrée des langues qui, par un décloisonnement des différentes langues de l’école (au Québec, l’anglais et le français), a pour but de favoriser les apprentissages langagiers. Dans la même veine, dans les pédagogies de translanguaging, qui visent à créer des espaces d’apprentissage signifiants, les apprenant·es sont encouragés à mobiliser leurs ressources langagières et soutenus dans ce processus. L’utilisation de la littérature de jeunesse et la production de textes bi/plurilingues, entre autres, constituent des pistes intéressantes pour mettre de l’avant ces approches.
Dans les milieux éducatifs, la mise en place de ces approches est modulée par les contextes sociolinguistiques (milieux pluriethniques, francophones minoritaires, anglophones québécois, etc.). Par ailleurs, l’adhésion des acteur·trices scolaires à ces approches est susceptible de dépendre de leurs représentations du plurilinguisme. Ce colloque constitue donc l’occasion d’explorer, selon des regards croisés, ces différentes questions.
Titre du colloque :