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Les défis de l’intégration et de la rétention de la relève en musique

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Ariane Couture : Université de Sherbrooke

Résumé de la communication

Au lendemain de la pandémie à la COVID-19, différents paliers de gouvernements ont mis en place des mesures de soutien ponctuel pour protéger les travailleur-se-s en culture. Néanmoins, plusieurs enquêtes ont révélé que ces aides sont insuffisantes, que les artistes souffrent grandement (FNCC 2021), qu’un grand nombre a quitté le monde de la musique ou songe à le faire (Groguhé 2023) et que le public est en baisse constante (Baillargeon 2023). On constate que, si l’État ne laisse pas les artistes totalement sans ressources, tout le monde n’a pas le même accès à ce soutien et ceci est particulièrement vrai pour la relève en musique.

Pour une relance économique de la culture, il est essentiel de mieux comprendre les particularités du travail artistique pour interroger les conditions de pratique actuelles qui conduisent au délitement de la profession, surtout dans les premières années d’intégration de la relève dans le milieu professionnel.

Résumé du colloque

La pandémie de COVID-19 a exercé des effets dévastateurs sur les artistes et sur l’écosystème culturel. Les fermetures successives de salles de spectacle de 2020 à 2022 se sont traduites chez les artistes en dépression, détresse psychologique, pensées suicidaires et abandons de carrière (FNCC, 2021). Le milieu s’est vidé de nombreux artistes travailleurs autonomes et plusieurs emplois ont été coupés. La pandémie a exacerbé la précarité déjà grande des artistes (Menger, 2009). Elle a aussi révélé de quelle façon notre système de soutien et de financement à la culture se fonde sur la capacité des artistes à être des « vecteurs de rentabilité directs ou indirects » (Deneault, 2022), que ce soit par les revenus générés par leurs biens et services culturels ou par les retombées de ceux-ci sur l’industrie touristique, l’hôtellerie, la restauration, etc. Sans possibilité de générer ces revenus et retombées, les artistes ont été laissés à eux-mêmes. On les a incités à assimiler l’esprit d’entreprise et à « se réinventer ».

Si la question de la professionnalisation des artistes se révèle centrale dans ce secteur depuis plusieurs années, elle est devenue urgente pendant la pandémie de COVID-19. Or, la pratique des arts exige des niveaux d’expertise technique, de développement et de maîtrise d’un langage, d’une esthétique et d’un style qui reposent sur des années de formation. Ces injonctions à « se réinventer » ont ainsi mis en évidence un paradoxe inhérent au besoin de professionnalisation, entre le travail de recherche en création et la logique économique productiviste à laquelle on assimile l’art. Dès lors, on peut se demander de quelle professionnalisation pour les artistes parle-t-on. Entre la légitimité d’une pratique artistique hautement spécialisée et la reconnaissance mesurée par des critères financiers, la professionnalisation des artistes est-elle sous le joug de la performance économique ?

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 8 mai 2023

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